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	<title>Association Fran&#231;aise des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille </title>
	<link>https://afmjf.fr/</link>
	<description>L'AFMJF, association cr&#233;&#233;e en 1947, rassemble les professionnels de la justice des mineurs. R&#233;flexion, d&#233;fense des droits des enfants et participation aux r&#233;formes : l'AFMJF agit pour une justice juste et protectrice.</description>
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		<title>Association Fran&#231;aise des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille </title>
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<item xml:lang="fr">
		<title>International Society for Prevention of Child Abuse and Neglect (ISPCAN)</title>
		<link>https://www.afmjf.fr/International-Society-for</link>
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		<dc:date>2009-08-25T06:11:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Le site de l'ISPCAN (International Society for Prevention of Child Abuse and Neglect) propose un document &#171; World Perspectives on Child Abuse &#187; (8&#232;me &#233;dition, 2008) o&#249;, comme pour 75 pays, il y a une fiche sur la France (pays pr&#233;sent&#233; depuis 1992, 1&#232;re &#233;dition). &lt;br class='autobr' /&gt;
Acc&#232;s au site.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.afmjf.fr/-Royaume-Uni-" rel="directory"&gt;Royaume Uni&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le site de l'ISPCAN (International Society for Prevention of Child Abuse and Neglect) propose un document &#171; World Perspectives on Child Abuse &#187; (8&#232;me &#233;dition, 2008) o&#249;, comme pour 75 pays, il y a une fiche sur la France (pays pr&#233;sent&#233; depuis 1992, 1&#232;re &#233;dition).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ispcan.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Acc&#232;s au site.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Justice des mineurs et d&#233;judiciarisation en Ecosse (octobre 2004).</title>
		<link>https://www.afmjf.fr/Justice-des-mineurs-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.afmjf.fr/Justice-des-mineurs-et</guid>
		<dc:date>2009-08-20T07:52:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Justice des mineurs et d&#233;judiciarisation en Ecosse &lt;br class='autobr' /&gt;
Rapport de stage de Monsieur Laurent Gebler, vice-pr&#233;sident au tribunal de grande instance de Libourne &lt;br class='autobr' /&gt;
Stage effectu&#233; en Ecosse du 4 au 15 octobre 2004 &lt;br class='autobr' /&gt;
Lieu du stage : 1&#232;re semaine aupr&#232;s de la Sheriff Court de HAMILTON (&#224; 30 km de GLASGOW) : &lt;br class='autobr' /&gt;
assistance aux audiences civiles et p&#233;nales : audience sur la d&#233;tention provisoire (custody), affaires familiales (children welfare), audiences p&#233;nales pour adultes et pour mineurs de plus de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.afmjf.fr/-Royaume-Uni-" rel="directory"&gt;Royaume Uni&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Justice des mineurs et d&#233;judiciarisation en Ecosse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport de stage de Monsieur Laurent Gebler, vice-pr&#233;sident au tribunal de grande instance de Libourne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stage effectu&#233; en Ecosse du 4 au 15 octobre 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lieu du stage :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1&#232;re semaine aupr&#232;s de la Sheriff Court de HAMILTON (&#224; 30 km de GLASGOW) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;assistance aux audiences civiles et p&#233;nales : audience sur la d&#233;tention provisoire (custody), affaires familiales (children welfare), audiences p&#233;nales pour adultes et pour mineurs de plus de 16 ans, audience de recours contre les d&#233;cisions du children panel (Reporter Hearing)&lt;br class='autobr' /&gt;
entretiens avec les Sheriffs et avec le Procurator Fiscal (procureur aupr&#232;s de la Sheriff Court)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;assistance &#224; deux &#171; Children's Hearings &#187; ; entretien avec les &#171; Reporters &#187; et avec les membres du Children's Hearing&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2&#232;me semaine &#224; EDIMBOURG&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;une journ&#233;e au Scottish Executive for Justice (minist&#232;re de la Justice &#233;cossais)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;visites et assistance &#224; des audiences de la High Court (jugement en premi&#232;re instance des infractions les plus graves) et de la Crown Court (cour d'appel)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;entretiens avec des avocats (sollicitors et advocates)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;visite de la maison d'arr&#234;t&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objectifs du stage et probl&#233;matique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au travers des r&#233;formes r&#233;centes et en gestation [1], la France est en train de remettre en question la place et la fonction de la Justice dans le traitement de la d&#233;linquance des mineurs et de l'enfance en danger. &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre syst&#232;me, qui repose depuis plus de cinquante ans sur l'intervention en premi&#232;re ligne de la Justice dans les situations impliquant des mineurs (au p&#233;nal comme au civil), au travers d'une d&#233;licate alchimie entre l'&#233;ducatif et le judiciaire, se trouve de plus en plus interrog&#233;, voire remis en question, et pour des raisons diff&#233;rentes, par le Politique, par les professionnels de l'enfance et par nos engagements internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces interrogations r&#233;currentes, et parfois contradictoires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le juge des enfants a-t-il encore les moyens de traiter &#224; la fois les mineurs d&#233;linquants et les mineurs en danger dans leur famille ? Sa fonction naturelle n'est-elle pas avant tout de r&#233;pondre aux attentes sociales &#224; l'&#233;gard des premiers cit&#233;s, quitte &#224; laisser les services sociaux s'occuper des seconds ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'un autre c&#244;t&#233;, la Justice a-t-elle vocation &#224; r&#233;pondre &#224; toutes les situations impliquant des mineurs d&#233;linquants, m&#234;me tr&#232;s jeunes, et &#224; intervenir de fa&#231;on souvent tr&#232;s pr&#233;coce dans l'exercice de l'autorit&#233; parentale lorsque celle-ci s'av&#232;re d&#233;ficiente ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cette intervention judiciaire pr&#233;coce ne pr&#233;sente-t-elle pas des effets pervers : d&#233;sengagement des institutions interm&#233;diaires qui ne jouent plus leur r&#244;le (Famille, Ecole, associations, services de pr&#233;vention&#8230;), atteinte excessive aux libert&#233;s individuelles et aux droits des familles, stigmatisation des parents, banalisation de l'institution judiciaire, engorgement des cabinets des juges des enfants&#8230; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comment concilier nos institutions avec les engagements internationaux de la France, et notamment avec l'article 40 de la Convention Internationale des Droits de l'enfant qui demande aux Etats de prendre des mesures, chaque fois que cela est possible et souhaitable, pour traiter les enfants qui ont enfreint la loi sans recourir &#224; la proc&#233;dure judiciaire, tout en respectant les droits de l'homme et les garanties l&#233;gales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'articulation entre la protection administrative et judiciaire de l'enfance est-elle suffisamment respectueuse des droits des familles et ne conduit-t-elle pas naturellement &#224; une ing&#233;rence abusive de l'Etat au travers de la Justice ? Ne gagnerait-on pas &#224; davantage de clart&#233; et de transparence dans la d&#233;limitation entre ce qui rel&#232;ve de l'aide n&#233;goci&#233;e et ce qui rel&#232;ve de la protection impos&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse politique &#224; certaines de ces interrogations d&#233;gage une tendance qui appara&#238;t nettement depuis quelques ann&#233;es, consistant &#224; dissocier le traitement de l'enfant d&#233;linquant de celui du mineur en danger : pour le premier, une intervention judiciaire pr&#233;coce, syst&#233;matique et r&#233;habilitant la sanction, avec des instruments d'intervention &#233;ducative sp&#233;cifiques[2]. Pour le second, la perspective d'un d&#233;sengagement judiciaire au profit de l'Administration se fait jour, au travers des projets de d&#233;centralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t de l'observation du syst&#232;me &#233;cossais est de proposer une piste alternative entre le maintien d'un statut contest&#233;, et des perspectives qui sont en train de mettre &#224; mal l'esprit et l'originalit&#233; de notre syst&#232;me de prise en charge de l'enfance d&#233;viante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie du syst&#232;me &#233;cossais, telle que r&#233;sultant du Children Act[3] de 1995, est tr&#232;s proche de la notre, et peut &#234;tre r&#233;sum&#233;e ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le mineur d&#233;linquant, bien que coupable, a avant tout besoin de guidance et de contr&#244;le ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'enfant ne saurait &#234;tre consid&#233;r&#233; de fa&#231;on isol&#233;e, mais dans un cadre familial qu'il faut aussi prendre en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France cette philosophie, consacr&#233;e en 1945 et poursuivie en 1958, est incarn&#233;e par un magistrat sp&#233;cialis&#233;, le juge des enfants, qui est en charge &#224; la fois de l'enfance en danger et des mineurs d&#233;linquants, au travers d'une proc&#233;dure certes judiciaire mais relativement informelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Ecosse, la mise en oeuvre des ces orientations ne repose pas sur la personne d'un juge, mais sur une implication forte du corps social incarn&#233;e par une institution originale, le Children's Hearing, rigoureusement encadr&#233;e par une proc&#233;dure garantissant les droits et libert&#233;s des familles et des mineurs. En effet, ainsi que le souligne le Children Act, le syst&#232;me judiciaire, de tradition accusatoire, est peut-&#234;tre adapt&#233; pour discuter des questions relatives &#224; la commission des faits, mais inappropri&#233; pour &#233;tablir et discuter des besoins de l'enfant ; il pr&#233;cise &#233;galement que le non recours au judiciaire n'implique pas une proc&#233;dure informelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re remarque qui s'impose est que l'Ecosse, qui partage avec la France l'id&#233;e selon laquelle l'enfant d&#233;linquant a besoin avant tout d'&#234;tre aid&#233;, contr&#244;l&#233; et r&#233;&#233;duqu&#233;, a su pousser jusqu'au bout la logique du raisonnement : la commission d'un acte de d&#233;linquance (par un mineur de moins de seize ans) est un cas d'ouverture d'un dossier de protection de l'enfance, au m&#234;me titre que l'absent&#233;isme scolaire ou les n&#233;gligences parentales par exemple. Des d&#233;rogations sont toutefois possibles pour certains mineurs particuli&#232;rement difficiles, ainsi que pour les 16-18 ans, &#224; l'&#233;gard desquels l'institution judiciaire reprend sa place. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'instauration d'une institution tierce, le &#171; Reporter &#187; et le &#171; Children Hearing &#187;, entre les services sociaux et la Justice, m&#233;rite une attention toute particuli&#232;re, &#224; l'heure o&#249; nous envisageons en France un simple transfert de pouvoirs entre la Justice et l'Administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la question de la compatibilit&#233; entre une justice n&#233;goci&#233;e et le respect des garanties proc&#233;durales, qui fut au coeur des d&#233;bats fran&#231;ais en 2002 lors de la r&#233;forme de la proc&#233;dure d'assistance &#233;ducative, peut &#234;tre &#233;clair&#233;e par l'exemple &#233;cossais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I - Le traitement de la d&#233;linquance juv&#233;nile :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Textes de r&#233;f&#233;rence : le &#171; Children Scotland Act 1995 &#187; et le &#171; Criminal Procedure Scotland Act 1995 &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Ecosse, seul le mineur de moins de seize ans b&#233;n&#233;ficie d'un r&#233;gime sp&#233;cifique et tr&#232;s peu judiciaris&#233;. Le jeune de 16 &#224; 18 ans rel&#232;ve en principe du droit commun, avec cependant des possibilit&#233;s de poursuite des mesures &#233;ducatives ordonn&#233;es avant 16 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#226;ge minimum en dessous duquel les poursuites p&#233;nales sont impossibles est fix&#233; &#224; huit ans, conform&#233;ment aux dispositions de l'article 40 de la C.I.D.E qui prescrit aux Etats de fixer un &#226;ge minimum pour les poursuites p&#233;nales. Rappelons que la France reste l'un des derniers &#233;tats europ&#233;ens qui laisse &#224; l'appr&#233;ciation des juges le soin de d&#233;finir au cas par cas si le mineur &#233;tait ou non dou&#233; de discernement lors de la commission de l'infraction[4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mineurs de 8 &#224; 16 ans peuvent th&#233;oriquement &#234;tre traduits en justice. Dans la pratique les poursuites p&#233;nales sont exceptionnelles[5], et r&#233;serv&#233;es aux actes les plus graves (meurtre, viol&#8230;) ou aux mineurs qui ont fait l'objet de nombreuses mesures ordonn&#233;es par le Children's Hearing, et qui ne paraissent plus relever d'un traitement &#233;ducatif. Ce peut &#234;tre &#233;galement le cas en mati&#232;re d'infractions commises par un majeur avec un mineur, &#224; condition que ce dernier ait plus de 14 ans. En dessous de cet &#226;ge, la scission du dossier est obligatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, des &#171; fen&#234;tres judiciaires &#187; aupr&#232;s de la Sheriff Court sont ouvertes pour des mineurs de moins de seize ans traduits devant les Children's Hearings, notamment lorsqu'ils contestent l'infraction, ou lorsqu'ils rel&#232;vent appel de la d&#233;cision prise. Dans ce cas, le Sheriff tranche le point de droit et renvoie ensuite le dossier au Children's Hearing (cf infra). Le Sheriff peut &#233;galement &#234;tre saisi pour prendre des mesures urgentes d&#232;s la commission de l'infraction, avant que le Children Hearing n'ait pu &#234;tre r&#233;uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entretiens que j'ai pu avoir avec plusieurs &#171; Procurators Fiscal &#187; (procureur aupr&#232;s de la Sheriff Court) confirment le consensus qui existe en Ecosse autour de cette d&#233;judiciarisation. Il est d'ailleurs surprenant pour un magistrat fran&#231;ais d'apprendre que la plupart des infractions relev&#233;es &#224; l'encontre de mineurs de moins de 16 ans ne sont pas transmises au Prosecutor Fiscal par les services de police, mais directement au &#171; Reporter &#187; aux fins de saisine du Children's Hearing . Certes, les ph&#233;nom&#232;nes de d&#233;linquance juv&#233;nile sont peut-&#234;tre moins aigus qu'en France, mais les Ecossais s'accordent &#224; consid&#233;rer que la Justice n'est pas n&#233;cessairement la mieux plac&#233;e pour r&#233;pondre aux actes d&#233;viants commis par de jeunes enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mineurs de 16 &#224; 18 ans rel&#232;vent en principe du droit commun : la Sheriff Court pour les &#171; summary offenses &#187; (celles pour lesquelles une peine d'emprisonnement sup&#233;rieure &#224; cinq ans ne peut &#234;tre prononc&#233;e) ou la &#171; High court &#187; pour les &#171; indictable offenses &#187;, infractions les plus graves[6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, si le mineur de plus de seize ans faisait l'objet d'une mesure de supervision[7] d&#233;cid&#233;e par le Children's Hearing dans le cadre d'une proc&#233;dure ant&#233;rieure, le Sheriff et la High court doivent demander un avis au Children's Hearing , et peuvent d&#233;cider de lui remettre le mineur plut&#244;t que le juger eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mineur de plus de seize ans ne fait pas l'objet d'une mesure de supervision ant&#233;rieure, et qu'il est &#224; moins de six mois de sa majorit&#233;, le Sheriff qui l'a d&#233;clar&#233; coupable peut le remettre au Children's Hearing pour d&#233;cider d'une mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un mineur, quel que soit son &#226;ge, est poursuivi en Justice devant la Sheriff Court, une proc&#233;dure sp&#233;ciale est pr&#233;vue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un rapport social doit &#234;tre adress&#233; au Sheriff par la &#171; local authority &#187; (services sociaux de secteur)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; publicit&#233; restreinte de l'audience&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; assistance obligatoire de l'enfant, par un avocat ou, &#224; d&#233;faut, par toute personne utile (parent, gardien&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, les magistrats ne sont pas sp&#233;cialis&#233;s, et ne semblent d'ailleurs pas souhaiter le devenir[8]. Il faut cependant bien rappeler que, d&#232;s lors que le juge ne s'implique pas dans le processus &#233;ducatif, la question de la sp&#233;cialisation ne se pose pas dans les m&#234;mes termes qu'en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, doit &#234;tre soulign&#233;e l'exp&#233;rience men&#233;e depuis plus d'un an &#224; la Sheriff Court de Hamilton, consistant notamment &#224; cr&#233;er des audiences sp&#233;ciales pour les jeunes d&#233;linquants de 16 et 17 ans (Youth Court) et, d'autre part, &#224; faire en sorte que les affaires soient jug&#233;es beaucoup plus rapidement que les autres afin de pr&#233;venir la r&#233;cidive. Des moyens suppl&#233;mentaires ont &#233;galement &#233;t&#233; mis &#224; la disposition de la police, du Procurator Fiscal et de la Youth Court, en lien avec le Reporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles mesures peuvent &#234;tre d&#233;cid&#233;es en justice ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le mineur (en principe de plus de seize ans, exceptionnellement de moins de seize ans) est d&#233;clar&#233; coupable par le Sheriff ou la High Court (par le plaider coupable, ou &#224; l'issue d'un proc&#232;s avec ou sans jury), les mesures suivantes peuvent &#234;tre prises (non diff&#233;rentes des majeurs) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; avertissement (admonished)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; dispense de peine (discharged)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; amende&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mesures de probation (jusqu'&#224; trois ans)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; indemnisation de la victime[9] (payment of compensation)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ajournement (difere the sentence)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; community service (T.I.G.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; bracelet &#233;lectronique (tags)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; emprisonnement (sans maximum legal)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mineurs de moins de seize ans font en principe exclusivement l'objet de mesures &#233;ducatives (supervision) prononc&#233;es par le Children's Hearing : mesure de milieu ouvert ou placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la d&#233;tention provisoire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'est pas envisag&#233;e de fa&#231;on fondamentalement diff&#233;rente pour les mineurs que pour les majeurs. Il est important de rappeler une r&#232;gle essentielle du droit &#233;cossais, selon laquelle toute personne plac&#233;e en d&#233;tention provisoire (custody) doit &#234;tre jug&#233;e dans un d&#233;lai maximum de 110 jours. Les Ecossais sont tr&#232;s fiers de respecter ce principe qui les place en t&#234;te des pays europ&#233;ens en la mati&#232;re[10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, un mineur ne peut &#234;tre plac&#233; en d&#233;tention provisoire avant l'&#226;ge de 14 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il doit l'&#234;tre, il est autant que possible remis &#224; l'autorit&#233; locale en requ&#233;rant une &#171; secure accomodation &#187;, en d'autres termes un centre ferm&#233; sp&#233;cialis&#233; pour mineurs[11]. A d&#233;faut, l'enfant peut &#234;tre remis &#224; toute structure adapt&#233;e choisie par l'autorit&#233; locale. En cas de mauvais comportement, le juge peut d&#233;cider d'envoyer le mineur en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II - Les Children's Hearings&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Children's Hearing est une institution originale, compos&#233;e de citoyens, charg&#233;e d'ordonner des mesures &#233;ducatives &#224; l'&#233;gard des mineurs &#226;g&#233;s en principe de moins de 16 ans, d&#233;linquants ou en situation de danger dans leur famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son intervention se situe &#224; l'interface entre les services sociaux, qui travaillent avec les familles dans le cadre d'une aide consentie, et la Justice qui n'intervient que ponctuellement pour dire le droit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dossiers sont pr&#233;par&#233;s par un &#171; Reporter &#187; ind&#233;pendant, fonctionnaire[12], qui re&#231;oit les signalements des services sociaux et les proc&#233;dures de police, qui r&#233;unit le Children's Hearing et qui saisit le Sheriff le cas &#233;ch&#233;ant, notamment lorsque le mineur ou sa famille conteste les fondements de l'intervention. En ce cas, il se rend &#224; l'audience de la Sheriff Court pour apporter toutes les informations utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sch&#233;matiquement, la proc&#233;dure se d&#233;roule en deux temps : une premi&#232;re &#233;tape consiste, dans le cadre d'une audience &#224; laquelle les parents sont tenus de venir avec les enfants, &#224; discuter des fondements de l'intervention du Children's Hearing (grounds of referrals), tels que r&#233;dig&#233;s par le Reporter au vu du signalement des services sociaux ou de la proc&#233;dure de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mineur et ses parents acquiescent &#224; ces fondements, des mesures &#233;ducatives (m&#234;mes impos&#233;es) peuvent &#234;tre d&#233;cid&#233;es, &#224; l'issue d'un dialogue avec la famille et d'une recherche de son adh&#233;sion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les fondements sont contest&#233;s (infraction non reconnue par le mineur, n&#233;gligences ou mauvais traitements ni&#233;s par les parents&#8230;), le Reporter renvoie le dossier au juge qui tranchera. Si tout ou partie des fondements sont retenus par le Sheriff, le dossier revient au Children's Hearing qui d&#233;cide des mesures &#224; prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques points paraissant particuli&#232;rement dignes d'int&#233;r&#234;t m&#233;ritent d'&#234;tre d&#233;velopp&#233;s dans ce rapport, en ce sens qu'ils peuvent permettre d'&#233;clairer nos d&#233;bats actuels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la distinction claire entre les mesures d'assistance aux familles et les mesures de protection de l'enfance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les crit&#232;res de saisine de l'autorit&#233; susceptible d'imposer des mesures de protection&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le respect des droits des familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- La distinction entre mesure de pr&#233;vention g&#233;n&#233;raliste et mesure de protection de l'enfant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France s'est dot&#233;e d'un dispositif d'aide aux familles, sous la responsabilit&#233; des Conseils g&#233;n&#233;raux, qui repose sur un syst&#232;me de &#171; guichet unique &#187; o&#249; l'assistante sociale de secteur traite de l'ensemble des difficult&#233;s sociales d'une famille : probl&#232;mes de logement, d'insertion sociale, difficult&#233;s financi&#232;res et&#8230; probl&#232;mes relatifs &#224; la prise en charge des enfants mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des parents peuvent ainsi tr&#232;s facilement solliciter le Conseil g&#233;n&#233;ral[13] aux fins d'obtenir une aide mat&#233;rielle, &#233;ducative ou psychologique de nature &#224; les aider &#224; r&#233;soudre les difficult&#233;s rencontr&#233;es dans l'&#233;ducation de leurs enfants, ou pour tout autre probl&#232;me d'ordre social. De m&#234;me, cette aide leur est parfois directement propos&#233;e par le Conseil g&#233;n&#233;ral, notamment lorsque les services sociaux ont &#233;t&#233; alert&#233;s par des tiers (Ecole, h&#244;pital, voisins, membres de la famille&#8230;) au sujet de la situation pr&#233;occupante d'un enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le probl&#232;me est de d&#233;terminer le moment &#224; partir duquel l'aide consentie devient insuffisante pour prot&#233;ger l'enfant, et que des mesures &#224; caract&#232;re contraignant doivent pouvoir &#234;tre appliqu&#233;es. De m&#234;me, qui prend la d&#233;cision de faire basculer la mesure d'aide globale et contractualis&#233;e dans le champ de la protection de l'enfance ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, ce sont le plus souvent ceux-l&#224; m&#234;mes qui ont obtenu la confiance de la famille, qui ont parfois &#233;t&#233; sollicit&#233;s spontan&#233;ment par les parents, qui d&#233;cident, sans d&#233;bat obligatoire avec eux, de saisir la Justice pour prot&#233;ger l'enfant[14]. De ce fait, les parents vivent souvent tr&#232;s mal le fait de se retrouver devant un juge sans avoir pu pr&#233;alablement s'expliquer : m&#234;me si le dialogue existe dans le cabinet du juge des enfants, la pratique permet de constater que le processus judiciaire, une fois engag&#233;, est souvent irr&#233;versible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il pourrait &#234;tre object&#233; que le procureur de la R&#233;publique est charg&#233; de faire le tri des signalements, et de ne saisir le juge des enfants que des situations qui le justifient. Dans la pratique, la plupart des signalements d'enfants en danger transmis par les services sociaux conduisent &#224; une saisine du juge des enfants par le Parquet, faute de temps et de moyens pour v&#233;rifier les informations, mais &#233;galement faute de d&#233;bat contradictoire &#224; ce stade de la proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Ecosse, la d&#233;cision de saisir l'autorit&#233; susceptible de prendre des mesures contraignantes pour la protection de l'enfant est prise par une institution tierce, ind&#233;pendante des services sociaux comme de la justice. Le Reporter, qui re&#231;oit les &#171; signalements &#187;, peut tout &#224; fait les renvoyer &#224; l'exp&#233;diteur, comme il peut demander un compl&#233;ment d'enqu&#234;te. S'il estime que les faits soumis entrent dans le cadre des &#171; grounds of referrals &#187;, il doit express&#233;ment r&#233;diger ces derniers par r&#233;f&#233;rence au Children Act et r&#233;unir sur cette base un Children's Hearing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la premi&#232;re audience du Children's Hearing , le d&#233;bat avec la famille, dont la pr&#233;sence est obligatoire, tout comme celle des enfants, ne portera que sur la reconnaissance ou pas de ces fondements, et donc sur la pertinence du passage de la pr&#233;vention &#224; la protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la forme qu'elle pourrait prendre, il nous semble, pour avoir observ&#233; le syst&#232;me &#233;cossais, que la cr&#233;ation en France d'une instance neutre et contradictoire de r&#233;gulation, entre les services sociaux qui travaillent dans le cadre d'un soutien accept&#233; par les familles, et l'institution susceptible d'imposer des mesures autoritaires (en l'occurrence la Justice), serait de nature d'une part &#224; renforcer les droits des familles, et, d'autre part, &#224; &#233;viter une judiciarisation excessive de certaines situations. L'exp&#233;rience montre en effet que beaucoup de signalements d&#233;bouchent sur une saisine du juge, non pas parce que l'enfant est en danger grave, mais pour des motifs autres [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la tradition anglo-saxonne conduit naturellement &#224; la d&#233;signation de citoyens pour composer une telle instance, d'autres pistes pourraient &#233;galement &#234;tre explor&#233;es : associations, Protection Judiciaire de la Jeunesse (actuellement en recherche d'identit&#233;), assesseurs aupr&#232;s des tribunaux pour enfants (aujourd'hui sous employ&#233;s)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- les crit&#232;res de saisine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le syst&#232;me fran&#231;ais, le juge des enfants peut d&#233;cider de mesures &#233;ducatives d&#232;s lors que l'enfant est en danger, ou lorsque ses conditions d'&#233;ducation sont gravement compromises. Le juge des enfants saisi appr&#233;cie souverainement la notion de danger, apr&#232;s avoir entendu la famille et apr&#232;s avoir &#233;ventuellement ordonn&#233; des mesures d'instruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'inspiration paradoxalement plus l&#233;galiste, le syst&#232;me &#233;cossais d&#233;finit pr&#233;cis&#233;ment les crit&#232;res de saisine du Children's Hearing : une mesure de supervision obligatoire ne peut &#234;tre prise que si, et seulement si, elle repose sur l'un des &#171; grounds of referrals &#187; pr&#233;vus par le Children Act 1995. A titre d'exemple, figurent parmi eux l'absent&#233;isme scolaire, la consommation excessive de drogue ou d'alcool par l'enfant, les n&#233;gligences en mati&#232;re de soins m&#233;dicaux ainsi que&#8230; les actes de d&#233;linquance commis par l'enfant[16].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, l'ensemble de ces crit&#232;res recouvre tout le panel des situations de danger conduisant &#224; l'ouverture de dossiers d'assistance &#233;ducative en France, &#224; l'exception des actes de d&#233;linquance commis par l'enfant, qui font l'objet dans l'hexagone d'un traitement sp&#233;cifique dans un cadre juridique diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale diff&#233;rence r&#233;side dans la rigueur avec laquelle les fondements de l'intervention obligatoire sont d&#233;finis : dans la pratique, le juge fran&#231;ais se contente souvent de relever une s&#233;rie de faits, dont certains sont plus ou moins reconnus et d'autres pas, et de motiver le danger par &#233;crit &#224; l'aide de formules parfois tr&#232;s g&#233;n&#233;rales. En outre, les d&#233;marches de d&#233;termination des crit&#232;res du danger, fondement de l'intervention, et de prise de d&#233;cision au fond ne sont pas toujours tr&#232;s bien distingu&#233;es[17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Ecosse s'instaure obligatoirement un d&#233;bat pr&#233;alable autour des fondements de l'intervention et, tant que ce d&#233;bat n'est pas purg&#233; (au besoin en recourant au Sheriff pour le trancher) aucune mesure ne peut &#234;tre mise en oeuvre, sauf situation r&#233;ellement urgente et grave [18]. Si certains &#233;l&#233;ments ne sont pas consid&#233;r&#233;s comme &#233;tablis, l'intervention &#233;ducative obligatoire ne peut se fonder sur eux. En revanche, s'ils sont &#233;tablis ou reconnus, on ne revient pas dessus et on passe &#224; l'&#233;tape suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les champs de la pr&#233;vention g&#233;n&#233;raliste et de la protection de l'enfance sont clairement dissoci&#233;s et rep&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Le respect des droits des familles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tout &#224; fait surprenant de constater que les Children's Hearing , compos&#233;s de citoyens, ob&#233;issent &#224; une proc&#233;dure beaucoup plus stricte que celle impos&#233;e aux juges des enfants fran&#231;ais par le code de proc&#233;dure civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats anim&#233;s qui ont accompagn&#233; l'introduction dans la proc&#233;dure fran&#231;aise en mars 2002 de prescriptions renfor&#231;ant la place et les droits des familles (parents et enfants) dans le processus judiciaire, ne semblent pas avoir cours en Ecosse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, rappelons-le, le syst&#232;me &#233;cossais n'est pas un syst&#232;me &#224; dominante accusatoire : l'audition des parents et des enfants par le Children's Hearing , sous la conduite de son &#171; chairman &#187; (pr&#233;sident) ressemble &#224; s'y m&#233;prendre &#224; une audience d'assistance &#233;ducative dans le bureau du juge des enfants : un lieu d&#233;judiciaris&#233; (un local en ville), un dialogue direct entre les &#171; juges &#187; et la famille, des enfants qui courent partout et une d&#233;cision qui est annonc&#233;e imm&#233;diatement &#224; l'issue de l'audience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette apparence de non formalisme dissimule un respect scrupuleux de certaines r&#232;gles proc&#233;durales : les familles ont re&#231;u avant l'audience les &#171; grounds of referrals &#187; r&#233;dig&#233;s par le Reporter et reprenant les &#233;l&#233;ments du signalement, la pr&#233;sence des parents d&#233;tenteurs de l'autorit&#233; parentale est obligatoire (ils peuvent &#234;tre sanctionn&#233;s s'ils refusent de venir), la convocation des enfants est syst&#233;matique, les travailleurs sociaux ayant particip&#233; au signalement initial sont tr&#232;s souvent convoqu&#233;s comme t&#233;moins[19], les d&#233;bats portent sur des points pr&#233;cis et indiqu&#233;s &#224; l'avance (la reconnaissance des fondements ou les mesures &#224; prendre), chaque assesseur annonce son point de vue et sa d&#233;cision devant la famille et sans concertation pr&#233;alable avec ses coll&#232;gues (la majorit&#233; l'emporte), les parents et l'enfant sont inform&#233;s obligatoirement de leur droit de contester la d&#233;cision devant le Sheriff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre plus anecdotique, j'ai &#233;t&#233; frapp&#233; du soin que prenait le &#171; chairman &#187; &#224; pr&#233;senter &#224; la famille chacun des assesseurs personnellement, le Reporter ainsi que &#8230; le juge &#233;tranger pr&#233;sent dans la salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait d'avoir cibl&#233; le th&#232;me de mon stage sur la &#171; d&#233;judiciarisation &#187; de la justice des mineurs n'&#233;tait certes pas neutre au d&#233;part. Il s'agissait avant tout, &#224; une p&#233;riode o&#249; nos certitudes sont bouscul&#233;es, de s'inscrire dans une d&#233;marche d'&#233;clairage et de propositions, &#224; partir d'une exp&#233;rience unique en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les aspects du syst&#232;me &#233;cossais n'ont pourtant pas emport&#233; ma conviction : qu'il s'agisse de mineurs de moins de seize ans enferm&#233;s dans des centres cl&#244;tur&#233;s sans avoir commis de d&#233;lit pour autant, de membres de Children's Hearing dont la comp&#233;tence en mati&#232;re de protection de l'enfance peut para&#238;tre hasardeuse[20] ou d'un syst&#232;me judiciaire tr&#232;s lourd dans son fonctionnement d&#232;s lors qu'il faut faire appel &#224; lui, l'&#233;tranger que j'&#233;tais est parfois demeur&#233; dubitatif&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai bien conscience &#233;galement que chaque syst&#232;me est avant tout le fruit d'une philosophie et d'une tradition parfois tr&#232;s ancr&#233;es dans la conscience collective, qu'il s'agisse de la place du citoyen dans le syst&#232;me judiciaire, de l'intervention de l'Etat dans les dynamiques familiales ou de la conception de l'int&#233;r&#234;t de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, certaines r&#233;formes r&#233;centes attestent d'une perm&#233;abilit&#233; de plus en plus importante de nos conceptions traditionnelles aux influences ext&#233;rieures, m&#234;me &#233;manant de syst&#232;mes a priori tr&#232;s diff&#233;rents du notre[21], et laissant ainsi entrevoir des perspectives d'&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la garantie de la protection de l'enfant repose essentiellement sur la personne d'un magistrat sp&#233;cialis&#233;, facilement accessible et soumis &#224; une proc&#233;dure et &#224; des r&#232;gles de fond relativement peu contraignantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France a longtemps &#233;t&#233; tr&#232;s fi&#232;re de son syst&#232;me de protection de l'enfance, et &#224; juste titre. L'institution du juge des enfants, avec une comp&#233;tence &#233;tendue et sa sp&#233;cialisation, a montr&#233; de r&#233;els atouts. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, elle est remise en question, pour de multiples raisons qu'il n'y a pas lieu d'analyser ici. Pour r&#233;pondre &#224; ces interrogations, les regards semblent de plus en plus converger vers le mod&#232;le anglo-saxon traditionnel, avec des services sociaux omnipotents et un juge, non sp&#233;cialis&#233;, simple arbitre de la protection de l'enfant et sanctionnateur des infractions commises par celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le &#233;cossais a le m&#233;rite de proposer une r&#233;ponse m&#233;diane, qui autorise un compromis entre la n&#233;cessaire protection de l'enfant et le respect des familles, entre la toute puissance de l'Administration et le tout-judiciaire, entre le formalisme protecteur des droits et le dialogue indispensable pour faire &#233;voluer les situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puissions-nous peut-&#234;tre, avant de sacrifier un syst&#232;me qui a fait ses preuves, ou au contraire de se crisper sur nos forteresses, savoir ouvrir les yeux vers l'&#233;tranger, et peut-&#234;tre tout particuli&#232;rement vers des pays qui, &#224; l'instar de l'Ecosse, partagent notre philosophie tout en proposant des perspectives diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait &#224; LIBOURNE, le 25 novembre 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE SYSTEME DES CHILDREN'S HEARINGS EN ECOSSE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Notamment &#224; partir de l'ouvrage &#171; Children's Hearings in Scotland &#187; de Kenneth McK. Norrie (ed. W.GREEN / Sweet and Maxwell) &lt;br class='autobr' /&gt;
Cr&#233;ation dans le Social Work of Scotland Act de 1968, entr&#233; en vigueur en 1971, suite au rapport du Kilbrandon Committee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revision par le Children Scotland Act 1995, notamment pour l'adapter aux dispositions issues de la Convention internationale des droits de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I- Philosophie du syst&#232;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le mineur d&#233;linquant, bien que coupable, a avant tout besoin de protection, guidance et contr&#244;le ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le syst&#232;me judiciaire, avec sa tradition accusatoire, est certes adapt&#233; pour discuter des questions relatives a la commission des faits, mais inappropri&#233; pour &#233;tablir et discuter des besoins de l'enfant ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'enfant ne saurait &#234;tre consid&#233;r&#233; de fa&#231;on isol&#233;e, mais dans un cadre familial qu'il faut aussi pouvoir prendre en compte : si le Children's Hearing peut imposer des mesures &#224; l'enfant et non &#224; ses parents, ceux-ci ont en revanche l'obligation de venir aux audiences et de coop&#233;rer avec les services sociaux mandat&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; si le cadre des Children's Hearing peut para&#238;tre assez informel, la proc&#233;dure elle-m&#234;me ne l'est pas : le Children's Hearing est quasiment un tribunal, avec des standards impos&#233;s par les r&#232;gles internationales, ainsi que la possibilit&#233; de recourir a des mesures contraignantes : ce serait un contresens que de consid&#233;rer la proc&#233;dure des Children's Hearing comme informelle ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; libert&#233; de d&#233;cision des Children's Hearing dans le cadre des &#171; grounds of referral &#187; accept&#233;s ou &#233;tablis : ce sont alors avant tout les besoins de l'enfant qui sont pris en consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux faiblesses l&#233;gales du syst&#232;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la place du p&#232;re naturel, non reconnue comme ayant une relation de droit avec l'enfant (sauf en mati&#232;re de succession, d'aliments et de prohibition de l'inceste) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pas d'aide juridictionnelle si les parents ou l'enfant veulent se faire assister d'un avocat devant le Children Hearing. Certes le recours &#224; l'avocat gratuit est possible en appel devant la Sheriff court (pour l'&#233;tablissement des grounds of referral ou appel de la d&#233;cision), mais pas pour la d&#233;termination des mesures a prendre, alors que c'est le moment ou la parole de l'enfant doit &#234;tre le plus port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II- Composition et fonctionnement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Children's Hearing sont compos&#233;s &#224; partir d'une liste de personnes (Children Panel) qui se sont port&#233;es volontaires au niveau local, et ont &#233;t&#233; nomm&#233;es par le minist&#232;re de la Justice &#233;cossais. R&#233;guli&#232;rement, des campagnes de presse invitent les citoyens &#224; se porter volontaires pour int&#233;grer le &#171; children's panel &#187; local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des noms et adresse des membres choisis du children's panel sont publi&#233;s par chaque autorit&#233; locale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition des Children's Hearing est faite parmi cette liste. Chaque Children's Hearing doit &#234;tre mixte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'audience est conduite par le &#171; chairman &#187;, membre le plus exp&#233;riment&#233; : au d&#233;but de l'audience, il doit expliquer les objectifs de l'audience, les grounds of referral &#233;tablis par le reporter, afin de v&#233;rifier s'ils sont ou non accept&#233;s par la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit informer la famille du contenu du dossier (copie envoy&#233;e &#224; la famille avant l'audience).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'audience est en principe publique. Si le Children's Hearing a d&#233;cid&#233; de faire sortir provisoirement une partie ou un journaliste, il doit &#224; son retour lui donner connaissance de la substance de ce qui s'est dit en son absence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois la d&#233;cision prise, le chairman doit informer l'enfant, l'administrateur et les parties raisons de la d&#233;cision, du droit de faire appel de celle-ci et du droit de demander la suspension de l'ex&#233;cution provisoire nonobstant l'appel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'audience termin&#233;e, le chairman doit r&#233;diger les motifs de la d&#233;cision, et &#233;ventuellement signer les mandats (infra)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reporter&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est seul comp&#233;tent pour porter une affaire devant le Children's Hearing : c'est lui qui r&#233;dige les grounds of referral .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut &#233;galement d&#233;cider de ne pas donner suite &#224; un signalement. Mais une fois la proc&#233;dure engag&#233;e, il n'est plus ma&#238;tre de la suite &#224; donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reporters sont employ&#233;s par la Scottish children's reporters administration [SCRA] et doivent &#234;tre ind&#233;pendants des autorit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul l'enfant de moins de 16 ans est pris en compte par le syst&#232;me des CH, tout au moins au d&#233;part de la proc&#233;dure. Il peut en revanche faire l'objet d'une mesure de protection jusqu'&#224; l'&#226;ge de 18 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant a le droit et le devoir de venir au Children's Hearing . S'il peut &#234;tre relev&#233; de son obligation, on ne peut pas lui interdire d'&#234;tre pr&#233;sent, &#224; aucun stade de la proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; relevant persons &#187; ou parties :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont celles qui hormis l'enfant ont l'obligation de r&#233;pondre aux convocations, et qui ont qualit&#233; pour accepter ou refuser les grounds of referral :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; parent d&#233;tenteur de l'autorit&#233; parentale : m&#232;re, p&#232;re si mari&#233; avec la m&#232;re, ou s'il s'est vu accorder l'autorit&#233; parentale par decision de justice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le gardien de droit ou de fait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; safeguarders &#187; ou administrateurs ad hoc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CP comme le sheriff peuvent designer un safeguarder pour repr&#233;senter les int&#233;r&#234;ts de l'enfant : les autorit&#233;s locales doivent &#233;tablir une liste des saveguarders susceptibles d'&#234;tre d&#233;sign&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; local authority &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors des signalements, elle a l'obligation de mettre en &#339;uvre les d&#233;cisions des Children's Hearing, ainsi que de suivre les enfants apr&#232;s l'extinction d'une mesure de supervision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la &#171; local authority &#187; est en difficult&#233; pour ex&#233;cuter la mesure, elle doit en r&#233;f&#233;rer au Children's Hearing . Mais elle peut aussi demander de l'aide a une autre &#171; local authority &#187;, notamment lorsqu'elle ne dispose pas de lieu d'accueil adapt&#233; pour l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III- Les grounds of referral&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mesure obligatoire de supervision ne peut &#234;tre prise que si et seulement si elle repose sur l'un des grounds of referral de la section 52 du &#171; children act &#187; de 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces grounds of referral doivent &#234;tre ou accept&#233;s par les parents et par l'enfant, ou reconnus comme fond&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par le sheriff apr&#232;s recours,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par un tribunal suite a certaines proc&#233;dures sp&#233;cifiques,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par une cour criminelle qui a condamn&#233; les parents (en ce cas les faits sont consid&#233;r&#233;s comme &#233;tablis),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; parce que l'enfant a plaid&#233; coupable ou a &#233;t&#233; reconnu coupable d'une infraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions pour &#233;tablir les &#171; grounds of referral &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, l'enfant doit &#234;tre sous le contr&#244;le d'une &#171; relevant person &#187; (personne qui a des droits et des responsabilit&#233;s parentales sur un enfant, ou qui a la charge habituelle et durable de l'enfant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importent les raisons de la carence : maladie, incapacit&#233;, instabilit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Situations vis&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'enfant est expos&#233; &#224; un danger moral ou &#224; de mauvaises frequentations, avec des risques pour sa sant&#233; et sa s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce crit&#232;re est souvent utilis&#233; lorsque des abus sexuels sur l'enfant sont suspect&#233;s, sans &#234;tre prouv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'enfant risque de souffrir excessivement, ou d'&#234;tre atteint s&#233;rieusement dans sa sant&#233; ou son d&#233;veloppement, en raison d'un manque de soins et d'attention : ce qui est pris en consid&#233;ration est moins les raisons de ce manque de soins que ses effets sur l'enfant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'enfant a &#233;t&#233; victime de certaines infractions sp&#233;cialement d&#233;termin&#233;es (infractions sexuelles, violences&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'enfant est membre d'une famille (ou risque de l'&#234;tre), dans laquelle un autre enfant a &#233;t&#233; victime des infractions qui pr&#233;c&#232;dent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'enfant vit avec quelqu'un qui a commis l'une de ces infractions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; absent&#233;isme scolaire sans &#171; excuse raisonnable &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'enfant a commis une infraction (+ de 8 ans)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'enfant a abus&#233; de l'alcool ou de drogue, ou de m&#233;dicaments&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'enfant est pris en charge par la &#187; local authority &#187; : mineur isol&#233;, sans parents, abandonn&#233;&#8230; et a besoin de mesures particuli&#232;res de supervision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV- La proc&#233;dure pr&#233;alable au Children's Hearing&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Saisine du reporter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par l'autorit&#233; locale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s locales ont le devoir de mener des investigations sur les situation de mineurs en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas d'opposition de la famille, elles peuvent m&#234;me obtenir du sheriff un &#171; protection order &#187; les autorisant a poursuivre leurs investigations. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si elles consid&#232;rent qu'elles ont besoin de mesures contraignantes de supervision, et que l'un des grounds of referral est &#233;tabli (avec ou sans enqu&#234;te compl&#233;mentaire), elles transmettent le dossier au reporter, avec toutes les informations n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par la police :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut s'agir de mineurs auteurs ou victimes. Selon les cas, la police a la facult&#233; ou l'obligation de saisir le reporter. Il y a notamment obligation lorsque le mineur a &#233;t&#233; place en garde a vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, la plupart des proc&#233;dures impliquant des mineurs de 16 ans ne sont transmises qu'au Reporter, et non au Procurator fiscal. La judiciarisation de ces infractions est exceptionnelle. Seules certaines infractions particuli&#232;res pour lesquelles le procurator fiscal veut voir prononcer des sanctions &#233;chappant a la comp&#233;tence des Children's Hearing (ex : confiscation) ainsi que les crimes et d&#233;lits les plus graves sont transmis aux autorit&#233;s de poursuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si infraction mixte, le PF peut d&#233;cider de poursuivre les deux, sauf si le mineur a moins de 14 ans (scission obligatoire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par des tiers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde peut saisir le reporter, y compris le mineur lui-m&#234;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois des poursuites sont envisageables en cas de d&#233;nonciation calomnieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par une juridiction :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les juridictions civiles (divorce, adoption&#8230;) comme p&#233;nales (poursuites contres les parents) ont la possibilit&#233;, si les &#171; grounds of referral &#187; existent, de signaler une situation au reporter, voire dans certains cas de le saisir formellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il s'agit d'un cas pr&#233;vu sp&#233;cifiquement par les grounds of referral ( parents reconnus coupables d'infraction sur l'enfant notamment), les grounds of referral sont consid&#233;r&#233;s comme acquis et il n'est pas n&#233;cessaire de rechercher l'acquiescement de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- investigation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois saisi, le reporter d&#233;cide de faire proc&#233;der ou non &#224; des investigations compl&#233;mentaires, et de convoquer ou non un Children's Hearing .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les investigations, il requiert la local authority (c'est une obligation pour celle-ci d'y proc&#233;der).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut aussi requ&#233;rir des informations ailleurs (m&#233;decins, police&#8230;), mais sans obligation pour eux d'y d&#233;f&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- decision :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reporter peut d&#233;cider de classer sans suite, s'il consid&#232;re que, m&#234;me lorsque des grounds of referral sont r&#233;unis, aucune mesure contraignante ne parait n&#233;cessaire. Il peut s'agir par exemple d'incidents isol&#233;s (vol, violence sur l'enfant&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, le classement doit &#234;tre notifi&#233; a l'enfant, aux &#171; relevant persons &#187; et au signalant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut aussi en r&#233;f&#233;rer alors &#224; la &#171; local authority &#187; afin qu'elle puisse envisager des mesures de guidance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reporter d&#233;cide de r&#233;unir un Children's Hearing lorsque deux conditions sont r&#233;unies : grounds of referral + n&#233;cessit&#233; de mesures contraignantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proc&#233;dure permet la tenue pr&#233;alable d'une &#171; business meeting &#187;, r&#233;unissant le reporter et trois membres du panel, afin notamment de pr&#233;parer le CH (d&#233;terminer qui doit &#234;tre convoqu&#233;, si le p&#232;re a ou pas l'autorit&#233; parentale, s'il faut designer un administrateur&#8230;). La famille doit toutefois &#234;tre inform&#233;e de la tenue de cette r&#233;union pr&#233;alable et peut y participer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V- Le d&#233;roulement de l'audience :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1ere &#233;tape : explication par le chairman des grounds of referral &lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas de discuter du bien fond&#233;, mais seulement de recueillir l'accord ou le refus de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la famille ne vient pas, il s'agit d'une infraction. Toutefois, &#231;a n'emp&#234;chera pas la d&#233;cision d'&#234;tre prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, en cas d'absence de l'enfant, le recours au Sheriff sera obligatoire, apr&#232;s reconvocation &#233;ventuelle : le Children's Hearing ne peut consid&#233;rer les grounds of referral comme &#233;tablis sans avoir pu entendre l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chairman doit ensuite expliquer en fait et en droit les grounds of referral. Pour les faits, il a pu recueillir toutes explications utiles aupr&#232;s du reporter lors de l'audience pr&#233;paratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2eme &#233;tape : acceptation ou refus des GR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1er cas : tout le monde accepte les grounds of referral : le Children's Hearing peut continuer et examiner le fond de l'affaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2eme cas : d&#233;n&#233;gation totale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, deux possibilit&#233;s : le Children's Hearing d&#233;cide de classer l'affaire et de ne pas y donner suite, ou d&#233;cide de recourir au sheriff pour trancher. Dans ce dernier cas, la famille doit recevoir des informations sur le processus judiciaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3eme cas : acceptation partielle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien le Children's Hearing d&#233;cide de poursuivre uniquement sur la base des &#233;l&#233;ments reconnus, ou elle demande au reporter de saisir le sheriff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits se produit souvent une forme de requalification des faits : ainsi par exemple, si l'enfant ne reconna&#238;t pas avoir commis l'infraction mais admet avoir &#233;t&#233; pr&#233;sent au moment des faits, le Children's Hearing pourra se poursuivre sur le fondement des &#171; mauvaises frequentations &#187;. De m&#234;me, si les parents nient avoir commis des abus sexuels sur l'enfant, mais qu'il est constant que l'enfant vit avec une personne qui a &#233;t&#233; condamn&#233;e pour des faits de cette nature, une mesure de supervision pourra, dans le doute, &#234;tre prise sur la base de ce dernier fondement, sans qu'il soit n&#233;cessaire de recourir au Sheriff pour faire &#233;tablir l'existence de l'abus sexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter toutefois :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lorsque le mineur n'est pas en &#226;ge de comprendre les grounds of referral, le recours au sheriff est obligatoire (comme lorsque l'enfant discernant ne vient pas) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en cas de recours au sheriff, et si une mesure imm&#233;diate de protection est n&#233;cessaire, le Children's Hearing peut d&#233;livrer un ordre (warrant) permettant que l'enfant soit mis en s&#233;curit&#233; pendant la dur&#233;e de la proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI- La proc&#233;dure judiciaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principale caract&#233;ristique de la proc&#233;dure des Children's Hearing :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;s&#233;paration claire entre l'institution qui d&#233;termine les mesures de protection, et celle qui, en cas de litige, statue sur le bien fonde de l'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en l'absence de litige que la m&#234;me instance cumule les deux fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sheriff court est le lieu ad&#233;quat pour r&#233;soudre des litiges relatifs aux faits, et n&#233;cessitant la proc&#233;dure d'&#233;tablissement des preuves (t&#233;moins, interrogatoires&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sheriff intervient &#224; diff&#233;rents moments de la proc&#233;dure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pour trancher le litige relatif aux grounds of referral&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en tant que juridiction d'appel des d&#233;cisions des Children's Hearing&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en cas d'urgence pour prendre des mesures de protection avant la saisine du reporter&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour trancher le litige sur les grounds of referral : proc&#232;s a l'anglo-saxonne pour la d&#233;termination des faits et de la preuve. Si les grounds of referral sont &#233;tablis, le sheriff remet le dossier au reporter pour la convocation d'un Children's Hearing. Il peut, dans l'attente, d&#233;cider d'une mesure de placement, avec &#233;ventuellement une autorisation de garder l'enfant dans une &#171; secure accomodation &#187; (lieu d'accueil s&#233;curis&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il estime que les grounds of referral ne sont pas &#233;tablis, il ne peut pas en retenir d'autres. Si le proc&#232;s a r&#233;v&#233;l&#233; d'autres grounds of referral , il appartient au reporter de r&#233;unir un nouveau Children's Hearing . &lt;br class='autobr' /&gt;
Si admission partielle, retour au reporter pour envisager des mesures sur la base des &#233;l&#233;ments retenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII - Le choix de la mesure de supervision&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux questions se posent alors, une fois les grounds of referral &#233;tablis, par acceptation ou par decision judiciaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- l'enfant a-t-il besoin de mesures &#233;ducatives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- si oui, lesquelles sont les plus conformes a son int&#233;r&#234;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discussion ouverte au sein du Children's Hearing avec ses membres, la famille et les travailleurs sociaux pr&#233;sents. Il est fr&#233;quent d'y convier des personnes ext&#233;rieures comme des enseignants, ou les services sociaux de l'autorit&#233; locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, il n'est pas interdit d'&#233;largir le d&#233;bat a des faits non retenus initialement par les grounds of referral , afin de d&#233;terminer la nature des mesures a prendre. Inversement, certains fait apparaissant initialement peuvent ne pas n&#233;cessiter de mesures particuli&#232;res, alors qu'elles ont conduit &#224; l'ouverture de la proc&#233;dure (ex : enfant victime d'un viol par un r&#244;deur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe est que le Children's Hearing peut ainsi &#234;tre conduit &#224; prendre une decision sur la base de faits qui restent discut&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la pratique, il est tr&#232;s rare que des litiges relatifs &#224; des faits nouveaux conduisent a saisir la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le choix de la decision, il est interdit aux membres du Children's Hearing de se retirer pour d&#233;lib&#233;rer. Ils donnent leur avis motive l'un apr&#232;s l'autre, et le chairman annonce la decision qui emporte la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crit&#232;res de choix dans la decision (overarching principles) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; application du principe sup&#233;rieur du bien-&#234;tre (welfare) de l'enfant, &#224; l'exception du cas de la protection de la population du risque s&#233;rieux de dommage (mineur dangereux). Cet int&#233;r&#234;t de l'enfant doit &#234;tre appr&#233;ci&#233; dans une perspective &#224; long terme, et non pas seulement en fonction de sa protection imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; prise en compte du point de vue de l'enfant, qu'il doit avoir pu exprimer seul ou par l'interm&#233;diaire de son &#171; guardian &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le principe d'intervention minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les parties dont l'enfant doivent se voir notifier la d&#233;cision et ses motifs, ainsi que le droit d'en interjeter appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre types de decision peuvent &#234;tre prises :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; transfert du dossier &#224; un autre Children's Hearing&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; renvoi de l'audience : information insuffisante, une partie non entendue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, possibilit&#233; de d&#233;livrer un mandat (warrant) permettant notamment le placement de l'enfant, par exemple dans un h&#244;pital en cas d'admission urgente. Le &#171; warrant &#187; peut aussi ordonner des examens m&#233;dicaux ou psychologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas de placement, la p&#233;riode maximale est de 22 jours, depuis la date de l'admission&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; non lieu (discharging the referral)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une mesure &#233;ducative obligatoire (supervision requirement)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi celles-ci, placement impos&#233; au mineur (foyer, famille d'accueil, membres de la famille&#8230;). Le lieu du placement doit &#234;tre express&#233;ment d&#233;sign&#233;. Ce ne peut &#234;tre dans un &#233;tablissement choisi par la &#171; local authority &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Children's Hearing peut sp&#233;cifier que certaines personnes n'auront pas connaissance du lieu du placement, en en pr&#233;cisant les raisons. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Children's Hearing d&#233;finit &#233;galement les droits de visite et d'h&#233;bergement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Possibilit&#233; &#233;galement d'imposer &#224; l'enfant des conditions particuli&#232;res, mais aucun pouvoir quant aux parents. Il est &#233;galement possible de limiter ou d'interdire les contacts de l'enfant avec certaines personnes, ainsi que d'imposer un traitement m&#233;dical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cas particulier : la &#171; secure accomodation &#187; (placement en centre ferm&#233;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Children's Hearing n'a pas le pouvoir d'imposer une &#171; secure accomodation &#187;, mais seulement d'y autoriser le placement de l'enfant. Lors du placement, il peut indiquer que l'enfant est susceptible d'&#234;tre confie a une telle structure, mais la decision rel&#232;ve du responsables du service social de l'autorit&#233; locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conditions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'enfant doit avoir d&#233;j&#224; &#233;t&#233; place dans un &#233;tablissement ordinaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; il est susceptible d'&#234;tre mis en danger &#224; l'ext&#233;rieur ou d'&#234;tre dangereux pour les autres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un placement en &#171; secure accomodation &#187; est d&#233;cid&#233; sans l'intervention du Children's Hearing (par le Sheriff), le Reporter doit &#234;tre saisi dans les 24 h et il doit convoquer un Children's Hearing dans les 72h&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIII &#8211; Le recours au CH par la juridiction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive que des mineurs de 16 ans soient poursuivis en justice (sheriff court ou high court) dans certains cas : mineur multir&#233;cidiviste, &#233;chec des mesures &#233;ducatives ant&#233;rieures, infraction particuli&#232;rement grave (crime notamment), ou infractions routi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux mineurs de plus de 16 ans, ils rel&#232;vent &#233;galement des juridictions de droit commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apres reconnaissance ou d&#233;claration de culpabilit&#233;, la juridiction a trois possibilit&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; juger le mineur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; remettre le mineur au CH&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; demander au reporter de convoquer un CH pour donner un avis a la juridiction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cas des mineurs (jusque 18 ans) qui sont d&#233;j&#224; sous supervision :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si poursuites devant la High court, celle-ci peut demander un avis au Children's Hearing mais ne peut pas &#224; ce stade lui remettre le mineur (remit for disposal)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si poursuites devant la sheriff court (solemn or summary proceedure), celle ci a l'obligation de demander l'avis au Children's Hearing . &lt;br class='autobr' /&gt;
Apres r&#233;ception de l'avis, la SC comme la HC peuvent ou bien juger elles-m&#234;mes, ou bien remettre le mineur au Children's Hearing .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cas des mineurs 16-18 qui ne sont pas d&#233;j&#224; sous supervision :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exclusivement pour les mineurs qui sont &#224; moins de 6 mois de leur majorit&#233;, le mineur poursuivi pour summary proceeding (district court or sheriff court) et reconnu coupable peut, apr&#232;s avis du CH, lui &#234;tre remis par le tribunal pour y donner suite. Dans ce cas, la culpabilit&#233; est consid&#233;r&#233;e comme acquise au regard du grounds of referral .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IX - Les audiences de r&#233;vision&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principe de continuit&#233; de l'intervention, tant que l'int&#233;r&#234;t du mineur requiert son maintien. Les audiences de r&#233;vision n'impliquent pas n&#233;cessairement de r&#233;examiner les grounds of referral .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures peuvent &#234;tre r&#233;vis&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de plein droit au bout d'un an (annual review)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; la demande de la local authority, qui doit solliciter une audience lorsqu'elle consid&#232;re que la mesure peut &#234;tre arr&#234;t&#233;e, doit &#234;tre modifi&#233;e ou lorsqu'elle n'a pu &#234;tre mise en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#224; la demande de l'enfant ou d'une &#171; relevant person &#187; (apr&#232;s d&#233;lai trois mois)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'office par le Children's Hearing qui peut d&#233;cider en prenant sa decision d'une r&#233;vision p&#233;riodique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; apparition de nouveaux grounds of referral , marquant une d&#233;t&#233;rioration de la situation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en cas de transfert de la r&#233;sidence de l'enfant par l'autorit&#233; locale : audience obligatoire dans les 7 jours, des lors que l'enfant n'est plus confi&#233; a la structure initialement choisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en cas de placement en &#171; secure accomodation &#187; (autorise par le Children's Hearing et d&#233;cid&#233;e par l'autorit&#233; locale), la decision doit &#234;tre r&#233;vis&#233;e dans les trois mois. Faute d'une nouvelle audience, l'autorisation devient caduque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en cas de placement pour adoption : si l'enfant confi&#233; est plac&#233; pour adoption, le Children's Hearing doit &#234;tre ressaisi par l'autorit&#233; charg&#233;e de l'adoption aux fins d'&#233;mettre un avis a l'attention du tribunal qui sera saisi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X- Les mesures de contrainte (warrant)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Children's Hearing peut d&#233;livrer un warrant &#224; une autorit&#233; d&#233;sign&#233;e dans certains cas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quant les grounds of referral ne sont pas reconnus et qu'il faut renvoyer l'affaire au sheriff&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; decision de continuation du cas pour investigations compl&#233;mentaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quand le mineur ne se pr&#233;sente pas au Children's Hearing&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces warrants permettent l'arrestation du mineur, et sa retenue dans une &#171; place of safety &#187; (lieu s&#233;curis&#233;). S'il se sauve, le mandat initial reste applicable et les personnes qui ont facilit&#233; la fugue peuvent &#234;tre p&#233;nalement poursuivies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; places of safety &#187; peuvent &#234;tre diff&#233;rents lieux, depuis un commissariat jusqu'&#224; un h&#244;pital ou un foyer (ou tout lieu ad&#233;quat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le Children's Hearing d&#233;livre un &#171; warrant &#187; pour un mineur renvoy&#233; devant le sheriff pour &#233;tablissement des grounds of referral , une des conditions suivantes doit &#234;tre remplie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; risque de non pr&#233;sentation a l'audience&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; n&#233;cessit&#233; de prot&#233;ger l'enfant, ou de l'emp&#234;cher de commettre d'autres infractions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dur&#233;e maximale dans ce cas = 22 jours. La situation doit &#234;tre revue alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#171; warrant &#187; pour investigations compl&#233;mentaires, il reste valable jusqu'&#224; l'audience suivante, et peut &#234;tre renouvel&#233; si les investigations ne sont pas termin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XI- L'appel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Ecosse, tout enfant peut lui-m&#234;me faire appel d'une decision de justice, sous r&#233;serve du discernement. On consid&#232;re qu'au del&#224; de 12 ans, la maturit&#233; est pr&#233;sum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; relevant persons &#187; peuvent &#233;galement faire appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le sheriff estime l'appel fond&#233;, il peut :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; renvoyer le mineur devant le Children's Hearing pour qu'il reconsid&#232;re sa decision : le sheriff doit donner les raisons de sa decision mais n'est pas tenu de donner une orientation quant &#224; la mesure a prendre. Le Children's Hearing devra r&#233;examiner le cas &#224; la lumi&#232;re des observations du sheriff mais ne sera pas oblig&#233; de modifier sa decision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; si le sheriff estime qu'il n'est plus appropri&#233; de poursuivre des mesures de supervision obligatoire, il peut d&#233;charger le mineur des futurs Children's Hearing, en tout cas sur la base des grounds of referral pr&#233;c&#233;demment d&#233;termin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un recours contre les d&#233;cisions du sheriff est possible devant le sheriff principal (summary offences) mais seulement en droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XII- Les mesures de protection urgentes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas d'urgence, le sheriff peut d&#233;livrer un &#171; child protection order &#187;, a la demande de toute personne ou service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conditions : mauvais traitements ou risque important pour l'enfant s'il n'est pas retir&#233; et prot&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre cas : l'autorit&#233; locale peut demander un CPO lorsqu'elle a des raisons suffisantes de penser qu'un enfant est en danger, qu'elle a besoin de poursuivre l'enqu&#234;te et qu'elle en est emp&#234;ch&#233;e. Dans ce cas, le CPO peut requ&#233;rir une personne de pr&#233;senter l'enfant (exemple : le directeur de l'&#233;cole), autoriser le requerrant &#224; prendre l'enfant pour le prot&#233;ger, autoriser la confidentialit&#233; du lieu de placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CPO aux fins de placement peut &#234;tre accompagn&#233; d'un transfert de l'autorit&#233; parentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apres un CPO, le CH doit &#234;tre r&#233;uni par le reporter avant le huiti&#232;me jour ouvrable suivant la decision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[1] Notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en mati&#232;re p&#233;nale : lois du 01/07/1996 et, surtout, du 09/09/2002 dite loi Perben 2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en mati&#232;re civile : d&#233;cret du 15/03/2002 renfor&#231;ant le contradictoire en assistance &#233;ducative, projets de loi en mati&#232;re de d&#233;centralisation pr&#233;voyant un transfert de comp&#233;tence aux Conseils g&#233;n&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Stages de citoyennet&#233;, sanctions &#233;ducatives, centres &#233;ducatifs sp&#233;cifiques aux jeunes d&#233;linquants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Une pr&#233;cision importante s'impose toutefois d'embl&#233;e : seul le mineur de moins de seize ans est pris en consid&#233;ration par le Children Act, m&#234;me si des possibilit&#233;s d'extension aux &#171; jeunes adultes &#187; est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] L'article 122-8 du code p&#233;nal, cr&#233;&#233; par la loi Perben 2 dispose : &#171; les mineurs capables de discernement sont p&#233;nalement responsables des crimes, d&#233;lits et contraventions dont ils ont &#233;t&#233; reconnus coupables (&#8230;) &#187;, consacrant ainsi une jurisprudence ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] En moyenne 5% de infractions commises par des mineurs de seize ans sont d&#233;f&#233;r&#233;es &#224; la Justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Contrairement &#224; notre tradition de codification des infractions, les cat&#233;gories d'infractions ne sont pas d&#233;finies en fonction d'un maxima encouru, mais du maxima susceptible d'&#234;tre d&#233;cid&#233; par la juridiction. Ainsi, par exemple, le prosecutor fiscal peut poursuivre une infraction grave devant la Sheriff Court, sachant qu'il prend le risque de voir le Sheriff se dessaisir par la suite au profit de la High court s'il estime que le pr&#233;venu m&#233;rite une peine sup&#233;rieure &#224; cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Mesure &#233;ducative &#224; domicile ou placement exclusivement. Les Children's Hearings ne peuvent pas d&#233;cider de mesures p&#233;nales (avertissement, travaux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, probation etc&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] A la Sheriff Court de Hamilton, les huit sheriffs prennent &#224; tour de r&#244;le l'audience de la &#171; youth court &#187;, toujours en juge unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Il convient de rappeler que la victime ne peut se constituer partie civile dans le proc&#232;s p&#233;nal. En revanche, l'indemnisation de la victime est une peine sui generis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Il convient toutefois de pr&#233;ciser que ce d&#233;lai n'inclut pas les investigations sur la personnalit&#233;, mais uniquement sur les faits. La police dispose donc de 3 mois pour r&#233;unir les charges. Si, par la suite, le pr&#233;venu plaide coupable ou est d&#233;clar&#233; coupable par le jury, le juge peut le maintenir quelques temps en d&#233;tention, le temps de r&#233;unir les &#233;l&#233;ments de personnalit&#233; et de pouvoir statuer sur la peine. Interrog&#233; sur la mani&#232;re de proc&#233;der pour respecter un tel d&#233;lai dans des affaires complexes, le prosecutor de Edimbourg a expliqu&#233; que le moment de l'arrestation du suspect &#233;tait retard&#233; autant que possible, et n'intervenait le plus souvent que lorsqu'un maximum d'&#233;l&#233;ments ont &#233;t&#233; r&#233;unis au pr&#233;alable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Je n'ai pas eu l'occasion de visiter l'un de ces centres (simple aper&#231;u de l'ext&#233;rieur). Certains sont r&#233;serv&#233;s aux moins de seize ans, d'autres aux 16-21 ans. Ces &#233;tablissements sont ferm&#233;s et cl&#244;tur&#233;s, et les mineurs ne peuvent sortir qu'individuellement, accompagn&#233; d'un membre du personnel. L'encadrement est mixte : gardiens et travailleurs sociaux. Ils peuvent recevoir aussi bien des jeunes d&#233;linquants que des mineurs sous mesure de protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Les Reporters sont ou bien des juristes, ou bien d'anciens travailleurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Equivalent fran&#231;ais de la &#171; local authority &#187;, au niveau d&#233;partemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] La situation la plus &#233;vocatrice est celle de parents qui ont remis volontairement leur enfant au service de l'Aide Sociale &#224; l'Enfance en vue d'un accueil provisoire, et qui se retrouvent convoqu&#233;s quelques mois plus tard par le juge des enfants, parce que le service gardien a estim&#233; n&#233;cessaire de signaler la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Recherche de l'autorit&#233; &#171; paternelle &#187; du juge des enfants, absence d'&#233;quipes de pr&#233;vention, difficult&#233; &#224; travailler avec des adolescents&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Voir en annexe &#167; III la liste compl&#232;te des &#171; grounds of referrals &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Au moins dans les faits, m&#234;me si les textes imposent en principe une intervention en deux temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Le Sheriff a le pouvoir de prendre des mesures d'urgence (child protection order) &#224; charge de saisir aussit&#244;t le Reporter pour convocation d'un Children's Hearing dans les huit jours (voir annexe &#167; XII)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] J'ai vu par exemple l'institutrice des enfants convoqu&#233;e et pr&#233;sente &#224; l'audience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] L'une d'entre elles, avec laquelle j'ai discut&#233;, tenait une boutique &#171; piercing and tatoo &#187;, et m'expliquait que, ayant elle-m&#234;me divorc&#233; et rencontr&#233; quelques difficult&#233;s avec ses enfants, l'exp&#233;rience du Children's Hearing ne pourrait lui &#234;tre que b&#233;n&#233;fique ! Il faut toutefois reconna&#238;tre que les membres des Children's Hearing b&#233;n&#233;ficient d'une formation initiale et continue qui est, para&#238;t-il, de bonne qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Cf par exemple l'introduction en France du &#171; plaider coupable &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/doc_Justice_des_mineurs_et_d.doc'&gt;T&#233;l&#233;charger le rapport en format word.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Audit de la justice p&#233;nale des mineurs en Ecosse</title>
		<link>https://www.afmjf.fr/Audit-de-la-justice-penale-des</link>
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		<dc:date>2008-05-28T20:41:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Improvements in youth justice processes, but impact on outcomes unclear &lt;br class='autobr' /&gt;
Posted : 23 August 2007 &lt;br class='autobr' /&gt;
An Audit Scotland report published today says that increased funding and a stronger focus on youth justice services over recent years have delivered some positive changes. However it is still not possible to demonstrate clearly that resources provide value-for-money and are being used effectively. &lt;br class='autobr' /&gt;
Robert Black, Auditor General for Scotland, said : &#8220;Youth justice is a complex area. It is (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.afmjf.fr/-Royaume-Uni-" rel="directory"&gt;Royaume Uni&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Improvements in youth justice processes, but impact on outcomes unclear&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Posted : 23 August 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;An Audit Scotland report published today says that increased funding and a stronger focus on youth justice services over recent years have delivered some positive changes. However it is still not possible to demonstrate clearly that resources provide value-for-money and are being used effectively.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Black, Auditor General for Scotland, said : &#8220;Youth justice is a complex area. It is encouraging that recent initiatives have resulted in some improvements, for example quicker reports from the police, faster decision making by the children's reporter service and better partnership working by the various agencies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The Scottish Executive has given a commitment to develop new measures that give a broader picture of the behaviour of young people. This should be welcomed. Effective performance measures would make it easier to direct resources where they will have greatest impact.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Scottish Executive has put substantially more funding into youth justice services in recent years (&#163;235m in 2000/01rising to &#163;336m in 2005/06). It also introduced national standards and targets for youth justice services and provided a range of practical support and guidance for local authorities.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Today's report says that the national standards have provided a focus for improvement. More services are now in place and partnership working at a local level has improved. Timeliness of police reporting now meets national standards, it is taking far less time for children's reporters and hearings to process referrals and reach decisions, and additional social workers have been recruited.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Despite these improvements, significant challenges remain :&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Securing reductions in levels of offending behaviour by young people, given that the Executive's target of reducing the number of persistent young offenders by ten per cent by March 2006 was not met.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The overall increase in referrals to the children's reporter since our last report has put pressure on the children's hearings system, and there is evidence that some referrals would be better served by agencies taking action themselves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The introduction of anti-social behaviour orders for 12-15 year olds has created tensions with other approaches to dealing with young offenders. Most councils have found it difficult to overcome the differences between the childcentred focus of the children's hearings system and the community-focused design of the anti-social behaviour legislation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A stronger emphasis is required on prevention and early intervention to achieve a sustained reduction in levels of offending.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Improvements in NHS and local authority education services' engagement with the youth justice agenda are still needed in some areas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alastair MacNish, Chair of the Accounts Commission, said : &#8220;Local authorities have a key role in youth justice but they have to balance a child-centred approach with looking after their community's concerns about offending by young people. They put substantial effort into youth justice services and it is pleasing to hear that they are generally working very well with other agencies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Progress has been made in social work services but assessment and case management practices still need to improve, as does the timeliness of social work reporting.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Press release / Main report (pdf) / Main report (rtf)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.audit-scotland.gov.uk/media/index.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Website of Audit Scotland&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<enclosure url="https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_youth_justice_update_main_report.pdf?162/0ee0cc69116a8394d1087f3616343fe734ff18e5d7f4dbaacea6e5f951df3b5a" length="1151255" type="application/pdf" />
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'incarc&#233;ration des mineurs n'emp&#234;che pas les r&#233;cidives (juillet 2007).</title>
		<link>https://www.afmjf.fr/L-incarceration-des-mineurs-n</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.afmjf.fr/L-incarceration-des-mineurs-n</guid>
		<dc:date>2007-07-23T07:53:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Justice des mineurs - Une Europe plus s&#233;v&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
En Grande-Bretagne, l'incarc&#233;ration des mineurs n'emp&#234;che pas les r&#233;cidives &lt;br class='autobr' /&gt;
Article paru dans l'&#233;dition du Monde du 04.07.07 &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'il s'est pendu dans sa prison anglaise en 2003, Joseph, 16 ans, purgeait une peine de deux ans pour avoir vol&#233; des t&#233;l&#233;phones portables. James, 18 ans, mort dans les m&#234;mes conditions en 2004, avait &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; sept ans de d&#233;tention pour coups et blessures. En 2006, un enfant de 10 ans s'est retrouv&#233; devant un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.afmjf.fr/-Royaume-Uni-" rel="directory"&gt;Royaume Uni&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Justice des mineurs - Une Europe plus s&#233;v&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Grande-Bretagne, l'incarc&#233;ration des mineurs n'emp&#234;che pas les r&#233;cidives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans l'&#233;dition du Monde du 04.07.07&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il s'est pendu dans sa prison anglaise en 2003, Joseph, 16 ans, purgeait une peine de deux ans pour avoir vol&#233; des t&#233;l&#233;phones portables. James, 18 ans, mort dans les m&#234;mes conditions en 2004, avait &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; sept ans de d&#233;tention pour coups et blessures. En 2006, un enfant de 10 ans s'est retrouv&#233; devant un juge parce qu'il avait trait&#233; un camarade de &#171; N&#232;gre &#187; et de &#171; Ben Laden &#187;. Toutefois, le magistrat a refus&#233; de le juger et a demand&#233; au procureur de trouver un autre moyen de le sanctionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre et au Pays de Galles - l'Ecosse poss&#232;de un syst&#232;me &#224; part -, la justice est tr&#232;s dure envers les mineurs d&#233;linquants. Cette s&#233;v&#233;rit&#233; renvoie &#224; un drame qui, en 1993, avait choqu&#233; le pays : l'assassinat du petit James Bulger, 2 ans, par deux enfants &#226;g&#233;s de 10 ans, Jon Venables et Robert Thompson. L'image, capt&#233;e par une cam&#233;ra de surveillance, de l'un des deux assassins tenant la main du gar&#231;onnet et l'emmenant vers sa mort avait stup&#233;fi&#233; et longtemps hant&#233; les Britanniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; l'arriv&#233;e au pouvoir des travaillistes en 1997, la loi pr&#233;sumait l'impossibilit&#233; pour un mineur de 14 ans de faire la diff&#233;rence entre le bien et le mal. Le nouveau gouvernement a rejet&#233; cette doctrine, dite doli incapax, et a durci la loi, en abaissant &#224; 10 ans l'&#226;ge de la responsabilit&#233; p&#233;nale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'un des &#226;ges les plus bas d'entre les autres grands pays : Canada (12 ans), France (13 ans), Allemagne, Japon, Russie (14 ans), Italie (15 ans). Cette disposition est contraire &#224; l'esprit de la Convention des Nations unies pour les droits de l'enfant, qui recommande aux Etats d'&#233;tablir un &#226;ge p&#233;nal minimal tenant compte de la maturit&#233; du jeune d&#233;linquant - mais sans pr&#233;ciser ce seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des mineurs n'encourent pas les m&#234;mes peines que les adultes. Ils risquent une d&#233;tention maximale de deux ans. Mais cette diff&#233;rence de traitement dispara&#238;t pour les crimes les plus graves instruits par un tribunal ordinaire et soumis au verdict d'un jury.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, trop d'enfants sont poursuivis en justice, puis d&#233;tenus, et expos&#233;s &#224; l'univers de la d&#233;linquance. Au demeurant, l'&#226;ge bas de la responsabilit&#233; p&#233;nale contredit la volont&#233; de mieux responsabiliser les parents d'enfants &#224; risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AUTOMUTILATIONS, SUICIDES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 3 300 jeunes sont d&#233;tenus. C'est, en proportion, beaucoup plus qu'ailleurs en Europe. C'est aussi deux fois plus qu'il y a quinze ans. Pourtant, le nombre de d&#233;lits commis par des mineurs a nettement baiss&#233;, et la grande majorit&#233; d'entre eux restent des actes non violents (le plus souvent des vols). Le minist&#232;re de l'int&#233;rieur r&#233;torque que 7 % seulement des mineurs d&#233;linquants sont emprisonn&#233;s et que cette proportion baisse r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che : 83 % des mineurs en d&#233;tention sont dans des prisons, contre seulement 17 % dans des centres sp&#233;cialis&#233;s. Cette situation r&#233;sulte d'un triple durcissement : l&#233;gislatif, judiciaire et politique. Une plus grande s&#233;v&#233;rit&#233; des tribunaux et une volont&#233; gouvernementale affich&#233;e de combattre les comportements antisociaux ont encore renforc&#233; les articles de loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surpopulation p&#233;nitentiaire chez les mineurs accro&#238;t les risques d'automutilations et de suicides, d'incidents, d'indiscipline, voire d'&#233;meute, du fait de la cohabitation dans les cellules. Un d&#233;tenu mineur sur trois craint, &#224; un moment ou &#224; un autre, pour sa s&#233;curit&#233;. Beaucoup souffrent de troubles mentaux. Un nombre accru d'entre eux sont incarc&#233;r&#233;s au-del&#224; de la distance r&#233;glementaire maximale - 80 km - cens&#233;e les s&#233;parer de leur famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'emprisonnement des mineurs est inefficace : quatre sur cinq r&#233;cidivent dans les deux ans suivant leur lib&#233;ration. Ce ch&#226;timent ne devrait, selon les sp&#233;cialistes, &#234;tre d&#233;cid&#233; qu'en dernier ressort et pour les cas les plus graves. Ils pr&#244;nent surtout une meilleure politique de pr&#233;vention envers les enfants vuln&#233;rables, victimes de l'&#233;chec scolaire, des d&#233;sordres familiaux, ou de troubles mentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je serai dur avec la criminalit&#233;, et dur avec les causes de la criminalit&#233; &#187;, avait d&#233;clar&#233;, il y a dix ans, l'ex-premier ministre Tony Blair. La premi&#232;re partie de sa promesse a &#233;t&#233; mieux tenue que la seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean-Pierre Langellier&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Justice des mineurs en Ecosse - sites internet en anglais.</title>
		<link>https://www.afmjf.fr/La-justice-des-mineurs-en-Ecosse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.afmjf.fr/La-justice-des-mineurs-en-Ecosse</guid>
		<dc:date>2006-03-12T20:52:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Site de l'association &#233;cossaise SACRO sur la justice civile et p&#233;nale des mineurs en anglais &lt;br class='autobr' /&gt;
La protection des mineurs en danger en Ecosse - acc&#233;der au site des children's hearings (en anglais)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.afmjf.fr/-Royaume-Uni-" rel="directory"&gt;Royaume Uni&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.restorativejusticescotland.org.uk/html/youth_justice.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Site de l'association &#233;cossaise SACRO sur la justice civile et p&#233;nale des mineurs en anglais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.childrenshearingsscotland.gov.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La protection des mineurs en danger en Ecosse - acc&#233;der au site des children's hearings (en anglais)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La justice p&#233;nale des mineurs en Angleterre et au Pays de Galles</title>
		<link>https://www.afmjf.fr/La-justice-penale-des-mineurs-en</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.afmjf.fr/La-justice-penale-des-mineurs-en</guid>
		<dc:date>2006-03-12T20:42:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;acc&#233;der au site du Youth Justice Board en anglais &lt;br class='autobr' /&gt;
acc&#233;der au site pr&#233;sentant le rapport d'audit 2004 sur la justice p&#233;nale des mineurs en Angleterre et au pays de Galles&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.afmjf.fr/-Royaume-Uni-" rel="directory"&gt;Royaume Uni&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.youth-justice-board.gov.uk/YouthJusticeBoard/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;acc&#233;der au site du Youth Justice Board en anglais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.audit-commission.gov.uk/reports/NATIONAL-REPORT.asp?CategoryID=&amp;ProdID=7C75C6C3-DFAE-472d-A820-262DD49580BF&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;acc&#233;der au site pr&#233;sentant le rapport d'audit 2004 sur la justice p&#233;nale des mineurs en Angleterre et au pays de Galles&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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