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	<title>Association Fran&#231;aise des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille </title>
	<link>https://afmjf.fr/</link>
	<description>L'AFMJF, association cr&#233;&#233;e en 1947, rassemble les professionnels de la justice des mineurs. R&#233;flexion, d&#233;fense des droits des enfants et participation aux r&#233;formes : l'AFMJF agit pour une justice juste et protectrice.</description>
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		<title>Association Fran&#231;aise des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille </title>
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		<title>Acheter votre exemplaire de M&#233;lampous 8 - La transmission</title>
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		<dc:date>2010-03-29T18:50:10Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Les num&#233;ros 1 &#224; 3 sont &#233;puis&#233;s et sont en consultation libre sur le site internet : N&#176; 1 : justice et culture / N&#176; 2 : l'impartialit&#233; / N&#176; 3 : le cadre judiciaire (I)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;N&#176; 4 : le cadre judiciaire (II) - 16 Euros&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; - Nombre d'exemplaires : &#8230;&#8230;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;N&#176; 5-6 : la fraternit&#233; - 16 Euros&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; - Nombre d'exemplaires : &#8230;&#8230;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;N&#176; 7 : la paternit&#233; - 16 Euros&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; - Nombre d'exemplaires : &#8230;&#8230;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;N&#176; 8 : la transmission - 16 Euros&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; - Nombre d'exemplaires : &#8230;&#8230;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;N&#176; 9 : les m&#233;tamorphoses de l'enfance - 16 Euros&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; - Nbre d'ex : &#8230;&#8230;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;N&#176; 10 : Bourrasques - Crise des banlieues et jeunesses d'aujourd'hui - 22 Euros&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; - Nombre d'exemplaires : &#8230;&#8230;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Entre innocence et malice, par Alain BRUEL, ancien pr&#233;sident du tribunal pour enfants de Paris (sa vision du m&#233;tier, son exp&#233;rience professionnelle et ses analyses juridiques) - 25 Euros&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; - Nombre d'exemplaires : &#8230;&#8230;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre total d'exemplaires : &#8230;&#8230;&#8230;. Prix total : &#8230;&#8230;&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;nom et Nom :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fonctions ou organisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adresse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;l&#233;phone (facultatif) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adresse e-mail (facultatif) :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Rencontre avec R&#233;gis Debray</title>
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		<dc:date>2006-03-11T21:46:40Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Thierry Baranger : Quel diagnostic portez-vous sur le d&#233;bat r&#233;cent concernant la d&#233;linquance juv&#233;nile que vous aviez un peu anticip&#233; par votre article publi&#233; dans le journal Le Monde : &#034; R&#233;publicains, n'ayons plus peur !&#034; (1) ? &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;gis Debray : Ce d&#233;bat a beaucoup perdu &#224; s'inscrire dans la &#034;bande dessin&#233;e&#034; mise en circulation par certains m&#233;dias. A savoir, d'un c&#244;t&#233; les &#034;r&#233;pressifs&#034;, de l'autre les &#034;pr&#233;ventifs&#034;, &#034;bad guies&#034; et &#034;good guies&#034;. L'approche id&#233;ologique est toujours binaire, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.afmjf.fr/IMG/logo/arton52.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Baranger :&lt;/i&gt; Quel diagnostic portez-vous sur le d&#233;bat r&#233;cent concernant la d&#233;linquance juv&#233;nile que vous aviez un peu anticip&#233; par votre article publi&#233; dans le journal Le Monde : &#034; R&#233;publicains, n'ayons plus peur !&#034; (1) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Ce d&#233;bat a beaucoup perdu &#224; s'inscrire dans la &#034;bande dessin&#233;e&#034; mise en circulation par certains m&#233;dias. A savoir, d'un c&#244;t&#233; les &#034;r&#233;pressifs&#034;, de l'autre les &#034;pr&#233;ventifs&#034;, &#034;bad guies&#034; et &#034;good guies&#034;. L'approche id&#233;ologique est toujours binaire, ceci ou cela, cela contre ceci. Dans le manich&#233;en, le m&#233;diatique a relay&#233; le religieux. En fait, on ne peut pas s&#233;parer la r&#233;pression de la pr&#233;vention. Simplement, dans ce petit manifeste, nous avions souhait&#233; sortir des g&#233;n&#233;ralit&#233;s sans pour autant entrer dans les d&#233;tails : d'o&#249; un maximum d'inconv&#233;nients. On est all&#233; au plus difficile en prenant les choses &#224; rebours des attentes et en se risquant &#224; des propositions un peu trop rapides et pas assez explicit&#233;es. Le but &#233;tait d'abord de secouer une bonne conscience de routine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons le fil. Pour qu'il y ait R&#233;publique, il faut des lois. Pour qu'il y ait loi, il faut une application de la loi. Soit une sanction des violations de la loi. Pour qu'il y ait sanction, il faut qu'il y ait interpellation. Pour qu'il y ait interpellation, il faut qu'il y ait une force publique. En d'autres termes, pas de justice sans police.Evidemment, les policiers font le sale boulot dans cette affaire. Ce sont un peu les prol&#233;taires. Ils sont au contact, non pas de la mati&#232;re, mais de la p&#226;te humaine, et pas la meilleure. Les juges ne voient le d&#233;linquant qu'en t&#234;te &#224; t&#234;te dans une situation qui est plus ou moins celle du bourgeois, quand le rapport passe par la parole. D'o&#249; deux sortes de mentalit&#233;. Je comprends qu'il faut tenir les deux bouts de la cha&#238;ne. Et l'institution du juge des enfants est plus que jamais n&#233;cessaire. Mais un maillon ne peut pas renier l'autre. Et parfois, on a le sentiment que les juges ont une sorte de condescendance pour la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Baranger :&lt;/i&gt; Je pensais, beaucoup plus r&#233;cemment, &#224; la querelle qui s'est organis&#233;e autour des propositions de Jean-Pierre Chev&#232;nement, faisant suite au colloque de Villepinte de novembre 1997 et aux deux Conseils de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure sur la d&#233;linquance juv&#233;nile (juin 1998 et janvier 1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; J'aurais beaucoup de mal &#224; me prononcer sur ce sujet, parce qu'il faudrait une connaissance des choses que je n'ai pas. J'ai un peu s&#233;journ&#233; dans ce qu'on appelle les quartiers difficiles. Et j'ai eu des contacts avec des policiers, la s&#233;curit&#233; publique en l'occurrence, et des il&#244;tiers. Mais pour pouvoir parler &#224; bon escient, il faudrait tout un background que je n'ai pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Bruel :&lt;/i&gt; Mais alors que faut-il retenir de cet article ? Une simple provocation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Oui, une provocation &#224; r&#233;fl&#233;chir. Avec en filigrane, l'id&#233;e qu'on ne rend pas justice aux missions de la police m&#234;me si c'est tr&#232;s difficile &#224; dire pour un homme de gauche. Il y a l&#224;- dessus, je le crois, une sorte de c&#233;cit&#233; volontaire, voire m&#234;me un pr&#233;jug&#233; de classe. Vous savez bien qu'on re&#231;oit &#224; sa table un magistrat dans un chef lieu de sous-pr&#233;fecture, mais pas le commissaire. D'ailleurs, j'ai moi-m&#234;me beaucoup d'amis dans le monde judiciaire, avocats ou magistrats, je n'ai gu&#232;re d'amis &#034;chez les flics&#034;. C'est curieux. Ca m&#233;rite une certaine r&#233;flexion, ce clivage. On ne fr&#233;quente pas les &#233;boueurs, m&#234;me si on est bien content le matin de voir les trottoirs propres et les poubelles vid&#233;es. Il est &#233;vident que l'on ne peut aller vers les banlieues compliqu&#233;es avec des id&#233;es simples. Mais, pour forcer le trait, je dirais volontiers &#224; certains magistrats : je ne r&#233;cuse pas ce que vous d&#238;tes, je r&#233;cuse ce que vous niez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Baranger :&lt;/i&gt; Le probl&#232;me, c'est qu'on voudrait que la loi ait un sens, qu'elle puisse avoir une fonction p&#233;dagogique. C'est vrai que la pure r&#233;pression ne nous est pas tr&#232;s sympathique, car il nous semble qu'elle ne transmet pas grand-chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Les policiers me semblent en &#234;tre les premiers conscients. Certains ont l'impression de vider chaque jour un tonneau des Dana&#239;des. On de payer les pots cass&#233;s d'une soci&#233;t&#233; qui se d&#233;charge, qui se d&#233;fausse sur eux de ses propres d&#233;faillances, l&#226;chet&#233;s ou d&#233;sinvoltures &#224; l'&#233;gard de la Loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Bruel :&lt;/i&gt; Je ne suis pas tr&#232;s satisfait de ce d&#233;bat. Il clive &#233;norm&#233;ment les choses entre justice et police. Je suis maintenant un vieux juge des enfants. J'ai connu effectivement des p&#233;riodes - il y a une vingtaine d'ann&#233;es - o&#249; j'avais avec la police une collaboration tr&#232;s int&#233;ressante et o&#249; effectivement le clivage dont vous parlez restait valable, mais &#224; un niveau tr&#232;s imperceptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens avoir entretenu avec la brigade des mineurs de Toulouse qui &#233;tait dirig&#233;e par un policier d'une cinquantaine d'ann&#233;es, un homme de terrain, des relations finalement tr&#232;s proches. Je ne l'aurais peut-&#234;tre pas invit&#233; chez moi - mais ce que je peux vous dire, c'est qu'on arrivait &#224; une v&#233;ritable complicit&#233;. C'est toujours vrai en partie : il faut bien qu'il y ait une complicit&#233;, ou du moins un minimum de confiance pratique, pour s'assurer les services mutuels dont on a besoin. Les magistrats du Parquet sont les premiers &#224; le dire : les &#034;flics&#034; sont nos yeux, nos mains et nos oreilles. Il y a une esp&#232;ce de d&#233;l&#233;gation du corps &#224; destination de la police. Evidemment dans les postures sociales, il y a quelque chose qui n'est pas int&#233;gr&#233;, mais il existe une diplomatie de la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Mais j'ai quand m&#234;me moi aussi une question &#224; vous poser : qu'est ce qui a chang&#233; en vingt ans et pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Bruel :&lt;/i&gt; La police n'a jamais &#233;t&#233; tr&#232;s respect&#233;e par les mineurs. Mais il y a quand m&#234;me eu des p&#233;riodes o&#249; il n'y avait pas cette esp&#232;ce de &#034;guerre des boutons&#034; permanente qui fait que nous sommes de plus en plus saisis d'outrages &#224; agents de la force publique ou de r&#233;bellions qui n'&#233;taient pas des d&#233;lits inconnus mais des d&#233;lits beaucoup plus rares. Nous avons l'impression d'&#234;tre en face de jeunes qui n'ont m&#234;me pas le minimum de rep&#232;res communs avec nous qui nous permettraient de discuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Baranger :&lt;/i&gt; Quand Jean-Pierre Chev&#232;nement parle de &#034;sauvageons&#034;, il y a quand m&#234;me quelque chose d'assez profond&#233;ment vrai. Si des jeunes commettent des incivilit&#233;s, c'est peut &#234;tre qu'ils n'ont pas d'abord appris la civilit&#233;. On a l'impression que quelque chose s'est rompu et c'est vrai qu'on se pose des questions sur l'&#233;ducation parentale, sur le r&#244;le de l'&#233;cole et des institutions en g&#233;n&#233;ral. Il semble qu'un certain nombre de choses se soient modifi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Bruel :&lt;/i&gt; Je m'interroge beaucoup sur la manipulation actuelle de la parole, ne serait-ce que dans le discours politique mais aussi dans les messages publicitaires qui semblent avoir pour effet, non pas d'entra&#238;ner la cr&#233;dulit&#233; des gens, parce qu'ils sont beaucoup moins cr&#233;dules qu'on pourrait le penser, mais de cr&#233;er une esp&#232;ce de repli individuel : &#034;Je n'y crois pas, je n'y crois plus&#8230; De toute fa&#231;on, on sait bien que le discours politique est quelque chose de fabriqu&#233;. Le discours publicitaire, on sait bien qu'il est manipul&#233;&#034;. Pourquoi le discours des parents ne serait-il pas lui &#233;galement manipulateur et pourquoi le juge viendrait-il lui aussi me dire des choses susceptibles de m'interpeller r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Nous vivons une crise g&#233;n&#233;rale de la croyance. Tous azimuts. Dans les aliments, le sexe, la t&#233;l&#233;, la presse, la pub, mais aussi les hommes politiques, les liturgies officielles et le faux-semblant g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Bruel :&lt;/i&gt; Ce n'est pas le fait d'&#234;tre juge qui me g&#234;ne par rapport &#224; ces jeunes. Je n'ai pas l'impression qu'ils soient g&#234;n&#233;s de se trouver face &#224; un juge, que cela les paralyse ou suscite chez eux de l'hostilit&#233;. En revanche, j'ai le sentiment que l'on a peu de rep&#232;res en commun et qu'on est un petit peu &#034;&#224; c&#244;t&#233; de la plaque&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Baranger :&lt;/i&gt; C'est la r&#233;flexion que m'avait faite un commissaire de police. Il avait l'impression, d'ann&#233;e en ann&#233;e, de perdre les liens, de ne plus avoir les m&#234;mes rep&#232;res, d'&#234;tre dans des mondes qui se cotoient sans se toucher ; bref, de vivre dans un monde sans bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; C'est vrai que vous &#234;tes en bout de cha&#238;ne et que les maillons de citoyennet&#233; en amont ont tous saut&#233;. Et l&#224;, en plus, comme dans le monde intellectuel, o&#249; il y a des d&#233;coupages disciplinaires, dans le monde politique, il y a des d&#233;coupages minist&#233;riels. En fait, tant que l'on n'aura pas mis Education, Int&#233;rieur et Justice autour d'une m&#234;me table pour traiter du Droit &#224; l'&#233;cole, c'est-&#224;-dire de l'enseignement du Droit dans l'&#233;cole et de la d&#233;fense du Droit &#224; l'&#233;cole, &#231;a ne marchera pas. Tout &#231;a devrait mettre en branle une force int&#233;gr&#233;e. Comment parler de l'Ecole sans assurer d'abord la s&#233;curit&#233; des lieux et des personnes ? Sans compter que se greffe l&#224;-dessus la politique de la ville. Ce seraient quatre milieux &#224; r&#233;unir, dans des Etats-g&#233;n&#233;raux de ce type, et ils ne s'appr&#233;cient gu&#232;re. Ce sont des milieux physiquement juxtapos&#233;s, mais qui se parlent peu. C'est cela que je trouve dommage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Pech :&lt;/i&gt; Pour revenir &#224; la crise de la croyance, vous semble-t-il qu'elle frappe particuli&#232;rement la r&#233;ception de ces discours manipul&#233;s, ou qu'elle d&#233;rive plus indirectement d'une crise du sentiment d'appartenance &#224; une communaut&#233; politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; C'est la crise de l'appartenance &#224; la Nation qui me semble fondamentale dans cette affaire. Le fait, par exemple, que l'on ait pu abolir le service militaire, sans d&#233;bat ni question, est d'ailleurs path&#233;tique. N'&#233;tais-ce pas le dernier lieu d'int&#233;gration, en d&#233;pit, certes, d'in&#233;galit&#233;s ? J'ai le sentiment qu'en se privant de cet instrument qui permettait aussi bien &#224; un canaque &#224; Bordeaux qu'&#224; un petit musulman &#224; Roubaix d'apprendre &#224; s'exprimer, &#224; s'habiller, &#224; respecter un horaire et &#233;ventuellement &#224; conduire un poids lourd, on s'est priv&#233; d'un outil de transmission et d'int&#233;gration sans le remplacer par un autre, qui aurait pu &#234;tre un service national civique. On ne d&#233;truit que ce qu'on remplace, et je ne suis pas s&#251;r que l'Europe puisse remplacer avant longtemps l'Etat-nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transmission de quoi ? D'une sorte de civisme, r&#233;siduel peut-&#234;tre, mais mat&#233;rialis&#233; dans des symboles , des rituels, des obligations qui mettait un peu de m&#233;moire collective, un peu de solidarit&#233;, un peu de Nation dans l'&#233;parpillement communautaire et les fr&#233;n&#233;sies individualistes. Cela a saut&#233;. Mais le plus &#233;tonnant, c'est que personne n'ait protest&#233;, ni m&#234;me pris la mesure de l'&#233;v&#233;nement. On n'a jamais vu une r&#233;forme aussi capitale rencontrer aussi peu de conscience des enjeux &#224; terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Baranger :&lt;/i&gt; C'est vrai qu'aucun d&#233;bat public n'a r&#233;ellement pr&#233;c&#233;d&#233; la suppression du service militaire lors du vote de la loi du 28 octobre 1997. Quand se rendra-t-on compte de la liqu&#233;faction des appartenances dont vous parlez ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Quand on commence &#224; le faire, il est d&#233;j&#224; trop tard. Mais on s'en rendra vraiment compte quand la fuite en avant europ&#233;enne se sera d&#233;mystifi&#233;e et qu'on comprendra que l'Europe n'est pas le produit de substitution qui va miraculeusement substituer une appartenance &#224; une autre. Le risque est l'entre-deux : pas encore d'appartenance europ&#233;enne et plus d'appartenance nationale. Il y aura un grand vide et on se demandera alors &#224; quelles valeurs collectives se raccrocher. Cette demande aujourd'hui passe pour r&#233;actionnaire. Peut-&#234;tre d&#233;couvrira-t-on son caract&#232;re progressiste dans quelque dix ou vingt ans. Pour le moment, la p&#233;riode est difficile, parce que la soci&#233;t&#233;, comme la nature a horreur du vide. Si vous supprimez l'appartenance nationale, vous en ressuscitez d'autres. Et &#224; mon sens, elles seront pires. Je pense au narcissisme des petites diff&#233;rences qui fait qu'&#224; Evry, par exemple, entre la Cit&#233; des Pyramides et la Cit&#233; des Tarterets, on se tabasse et on se poignarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Baranger :&lt;/i&gt; On a le sentiment &#224; vous entendre que la mondialisation et l'Europe ont bon dos. Quel lien faites-vous entre la mondialisation et la mont&#233;e des territoires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; La mondialisation se traduit dans une balkanisation. L'imaginaire de la mondialisation est na&#239;vement unilat&#233;rale et platement technocratique. On d&#233;duit de l'unification techno-&#233;conomique du monde son unification mentale et culturelle, alors que l'homog&#233;n&#233;it&#233; des appareillages va produire, par compensation et retour de b&#226;ton, le morcellement ethnique et religieux. Ethnique, r&#233;gional, municipal ou sous-municipal. On ne peut que d&#233;crire ces ph&#233;nom&#232;nes, personne n'a de rem&#232;de. Sinon cette id&#233;e, qu'il faut lutter contre les fausses bonnes id&#233;es. C'est un travail de longue haleine. Il y a des fausses bonnes id&#233;es, par exemple, de type p&#233;dagogique. Elles consistent &#224; faire de l'&#233;cole une communaut&#233; de vie ouverte sur l'ext&#233;rieur, en prise sur les bassins d'emploi. Les parents d'&#233;l&#232;ves y ont non seulement leur mot &#224; dire, mais peuvent se surimposer aux r&#232;gles scolaires, &#224; la limite choisir leur programme, voire les horaires. Eh bien, cette id&#233;e apparemment d&#233;mocratique est une id&#233;e barbare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est compliqu&#233; parce que, quand vous dites &#231;a, vous avez contre vous le dessin de Plantu &#224; la une du Monde. Je pense &#224; Plantu parce qu'un jour il avait fait un dessin hallucinant : c'&#233;tait le n&#233;gatif du r&#233;el. Il montrait une salle de classe o&#249; les &#233;l&#232;ves se battaient entre eux, s'injuriaient ; on voyait des beurs, des blacks, des blancs qui se cassaient la figure, et dehors une sorte de monde paisible ensoleill&#233;, parfaitement &#233;colo. A l'&#233;vidence, le discours implicite &#233;tait : &#034; Mais quand allez-vous ouvrir les portes de l'&#233;cole sur la paix naturelle et le bonheur environnant ?&#034; Ce sont des id&#233;es dites de gauche qui font le lit du lib&#233;ralisme le plus droitier, qui veut aligner les institutions sur les besoins du march&#233;. Il s'agit au contraire de pr&#233;server des moyens autonomes de r&#233;gulation, des sanctuaires, en somme, je ne trouve pas d'autre mot. C'est-&#224;-dire des espaces indemnes de la pression sociale ext&#233;rieure, des fureurs marchandes et ethniques qui r&#232;gnent en dehors des murs de l'&#233;cole. Bref, soustraire l'&#233;cole &#224; son environnement et non la calquer sur son environnement. Sit&#244;t que vous dites &#231;&#224;, vous passez pour un &#034;arch&#233;o-r&#233;ac&#034;. Alors, on d&#233;bouche tr&#232;s vite sur l'&#233;cole de l'entreprise, l'&#233;cole de la communaut&#233;, l'&#233;cole du ghetto bient&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Baranger :&lt;/i&gt; A vous &#233;couter parler, je me demande si la transmission, qui est dans la verticalit&#233;, est aussi compatible avec l'id&#233;al d&#233;mocratique qu'elle l'est avec l'id&#233;e de R&#233;publique ? Qu'est ce qu'une &#171; autorit&#233; &#187; dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Posons, si vous le voulez bien, que la transmission, c'est le transport de l'information dans le temps, et la communication le transport de l'information dans l'espace. La transmission est historique, donc de l'ordre de la culture puisque l'homme est la seule esp&#232;ce qui accumule une exp&#233;rience et la l&#232;gue &#224; sa prog&#233;niture. Ce que les fourmis et les panth&#232;res ne font pas. Vous dressez un chien : le chiot de ce chien se sera pas dress&#233;. Il faudra tout reprendre &#224; z&#233;ro. Le propre du monde animal c'est de tout recommencer &#224; chaque g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, par exception , nous avons la capacit&#233; de transmettre. Comme si l'Homme, sous &#233;quip&#233; zoologiquement avait d&#251; trouver pour compenser des proth&#232;ses techniques. L'Homme a ce privil&#232;ge de pouvoir revivre des exp&#233;riences qu'il n'a pas d&#233;j&#224; v&#233;cues et non pas de revivre toujours la m&#234;me chose, c'est-&#224;-dire d'&#233;chapper au programme g&#233;n&#233;tique. Mais, cette transmission-l&#224; suppose des institutions, c'est une transmission m&#233;diatis&#233;e, relay&#233;e, incarn&#233;e par des corps individuels et collectifs. Elle est technique parce qu'elle implique des supports mat&#233;riels, supports d'&#233;criture, de traces, constitution de stock de m&#233;moires&#8230; mais elle suppose aussi, pour que cette m&#233;moire morte devienne m&#233;moire vive, des institutions qui fassent relais-vecteur. Ces institutions sont multiples : de la famille &#224; l'&#233;cole en passant par les &#233;glises, les mouvements de pens&#233;e, les acad&#233;mies, partis, associations etc&#8230; C'est cette id&#233;e fondamentale que nous avons perdue en 1968 : l'Homme est un &#234;tre d'institution. D&#232;s lors qu'on oublie &#231;a, et d&#232;s lors qu'on pr&#233;tend que s'&#233;chapper de l'institution, c'est se lib&#233;rer, &#224; mon sens, on risque de retomber dans l'anomie g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui est au fond la loi du plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tr&#232;s difficile de r&#233;habiliter le principe de l'institution. Faire comprendre que l'institu&#233; est aussi instituant et pas seulement r&#233;pression, enfermement, enfin tout ce que Michel Foucault disait de la domestication des corps (car Michel Foucault a jou&#233; un r&#244;le capital dans cette inversion). L'institution n'est pas ce qui opprime l'individu, mais ce qui lui permet de s'accomplir. Qu'il faille adapter les institutions au milieu environnant, ne veut pas dire qu'on peut se passer d'institution ou critiquer syst&#233;matiquement son principe. On est aujourd'hui dans ce malentendu, qui s'alimente &#224; tout un imaginaire rousseauiste et libertaire, mais dont on peut craindre qu'il soit anthropologiquement inconsistant. &lt;br class='autobr' /&gt;
On dit, par exemple : il faut mettre l'enfant au centre du syst&#232;me &#233;ducatif. Et si le v&#233;ritable centre de gravit&#233; &#233;tait son devenir adulte ? Un &#233;ducateur ne met pas le pr&#233;sent de l'enfant au centre du syst&#232;me, il met l'avenir de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci est un point de d&#233;part. Ce n'est pas en soi une valeur, c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qu'il s'agit de d&#233;passer. Mettre l'enfant au centre, ce n'est pas n&#233;cessairement rendre service aux enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais &#234;tre scrogneugneu mais on ne faisait pas de jeunisme quand je passais mon bac. Il &#233;tait &#233;vident qu'on venait &#224; l'&#233;cole, non pas pour rester enfant mais pour cesser de l'&#234;tre. Le ma&#238;tre &#233;tant celui qui nous apprenait &#224; nous passer de ma&#238;tre. Pour se passer de ma&#238;tre, il fallait un apprentissage qui passait par le ma&#238;tre. Kant a dit cela cent fois. C'&#233;tait une &#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Baranger :&lt;/i&gt; Oui mais &#224; l'&#233;poque, dans les ann&#233;es 1968-1970, on avait quelque chose &#224; quoi s'opposer. Aujourd'hui, on a le sentiment d'un grand vide, d'un manque de r&#233;sistance, d'un ventre mou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Pech :&lt;/i&gt; Pour aller dans le m&#234;me sens, il y a une question sur laquelle j'aurais aim&#233; avoir votre point de vue. Est-ce que cette transmission, via l'institution scolaire par exemple, (on pourrait prendre d'autres institutions pr&#233;politiques, se demander si la famille est dans ce cas-l&#224; &#233;galement), ne suppose pas aussi quelque chose qui est de l'ordre d'une opposition g&#233;n&#233;rationnelle. Or, les rapports inter-g&#233;n&#233;rationnels sont atteints d'une baisse de conflictualit&#233; &#224; certains &#233;gards inqui&#233;tante. Ne pensez-vous pas que la transmission est solidaire de quelque chose qui est de l'ordre du conflit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Disons que la transmission a quelque chose &#224; voir avec le fait qu'il y a des petits et des grands. Il y a donc une base biologique &#224; la n&#233;cessit&#233; &#233;thique de la transmission : c'est la pr&#233;maturation zoologique du petit d'homme, le mammif&#232;re le plus pr&#233;matur&#233; qui soit &#224; la naissance. Cela suppose qu'on le prot&#232;ge, et qu'on l'ins&#232;re dans un syst&#232;me de r&#232;gles et donc la transmission a &#224; voir avec la famille. Chose que dans mon livre Transmettre (2) (le premier de la collection Le champ m&#233;diologique, chez Odile Jacob), je n'avais pas encore bien rep&#233;r&#233;, aussi &#233;l&#233;mentaire que cela puisse para&#238;tre. C'est vrai qu'on ne peut pas faire que la famille ne soit pas une institution. Ceux qui ont essay&#233;, en 1968, ont provoqu&#233; plus de mal que de bien autour de la communaut&#233; sexuelle, de la communaut&#233; tout court, ont provoqu&#233; plus de mal que de bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gu&#233;rir les maux de la famille par la suppression de la famille, &#231;a n'a pas &#233;t&#233; tr&#232;s bon pour les individus eux-m&#234;mes. Et la tendance actuelle n'arrange rien : l'individualisme marchand fait de la jeunesse, une valeur, la jeunesse doit &#234;tre solvable, il faut r&#233;pondre &#224; ses besoins, c'est un march&#233;. On ne respecte plus dans le jeune que le client. Ce culte de la jeunesse, c'est li&#233; au capitalisme sous sa forme actuelle, c'est diff&#233;rent du culte fasciste mais c'est une autre sorte d'ali&#233;nation. Je voudrais soulever un autre sujet. Lorsqu'on dit, qu'il y a une corr&#233;lation entre le niveau de population issue de l'immigration, dans tel ou tel quartier, avec le niveau de la d&#233;linquance, je ne le vois pas du tout comme une mise en cause de l'immigr&#233; en tant que tel. La situation &#233;conomique, culturelle et sociale, fait qu'il se conduit ainsi comme n'importe quel fran&#231;ais le ferait mutatis mutandis dans une m&#233;tropole br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la destructuration actuelle a tout de m&#234;me quelque chose &#224; voir avec le d&#233;veloppement de quartiers communautaires,de regroupements par r&#233;gions ou ethnies. N'estimez-vous pas cela inqui&#233;tant ? Je sais que le contr&#244;le des flux d'immigration a tr&#232;s mauvaise presse parce que c'est un probl&#232;me qui n'a pas de solutions. Il y a 5 milliards et demi d'hommes sur la plan&#232;te, il y en avait 3 milliards il y a 100 ans ; il y a une explosion d&#233;mographique. S&#233;bastien Salgado, le photographe, a fait un admirable travail qui va &#234;tre publi&#233; en exposition et en album dans quelques mois pour l'an 2000. Il a suivi pendant 7 ans le flux de population dans le monde et quand on voit le travail qu'il a men&#233;, partout o&#249; il y avait un d&#233;troit &#224; franchir, un d&#233;sert, une fronti&#232;re entre la pauvret&#233; et la survie, que ce soit le d&#233;troit de Gibraltar, le Zamb&#232;ze, la fronti&#232;re mexicaine, on s'aper&#231;oit que nous allons vivre dans une soci&#233;t&#233; de flux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est impossible qu'il n'y ait pas de consid&#233;rables flux de population et il serait injuste qu'il n'y en ait pas. C'est un &#233;l&#233;ment du probl&#232;me. L'autre est qu'il y a des lois de l'hospitalit&#233;, et quand votre maison br&#251;le vous ne pouvez accueillir personne.Voil&#224; une antinomie. Je ne sais pas comment r&#233;soudre cela. Il me semble qu'il n'y a que de mauvaises solutions &#224; ce probl&#232;me. Il y en a de moins mauvaises que d'autres, par exemple l'essai d'&#233;tablir des r&#232;gles du jeu, des quotas d'immigration, essayer effectivement de distinguer entre les r&#233;guliers et les clandestins. Enfin, des choses boiteuses, probl&#233;matiques &#224; la limite, inconvenantes, mais dont le refus ou le d&#233;ni, me semble encore plus probl&#233;matique. Donc, on n'est pas tr&#232;s fier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique, &#231;a consiste &#224; choisir entre des inconv&#233;nients et l'inconv&#233;nient d'un contr&#244;le aux fronti&#232;res est douloureux, mais la n&#233;gation de ce contr&#244;le risque de l'&#234;tre davantage encore. Car contr&#244;ler, &#231;a veut dire refouler. Contr&#244;ler, &#231;a veut dire reconduire aux fronti&#232;res le cas &#233;ch&#233;ant. Contr&#244;ler ca veut dire qu'on peut accepter le fils sans n&#233;cessairement accepter le cousin ou le beau-fr&#232;re. C'est sinistre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas gai non plus de voir se transformer des fractions de votre territoire en isolats, en foyers anomiques, ou pire encore : dot&#233;s de leurs propres coutumes et lois. En Afrique du Sud, Nelson Mandela refoule les Mozambicains, et pourtant les gens de l'African National Congress (A.N.C.) ne sont pas des fascistes ! Tout &#231;a est tr&#232;s difficile. On ne peut ni le taire , parce que l'on se ment &#224; soi-m&#234;me, ni le dire parce que c'est insupportable. Le r&#244;le des intellectuels, qui en principe n'ont pas d'inqui&#233;tude quant &#224; leur cote de popularit&#233;, n'&#233;tant candidat &#224; rien, c'est de pouvoir dire des choses insupportables, qui peuvent traumatiser, mais aussi faire prendre conscience, d&#233;velopper un peu plus de lucidit&#233;, c'est un r&#244;le ingrat, mais c'est le n&#244;tre. Celui des intellectuels qui ne veulent pas faire pourvoyeurs de confort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Pech :&lt;/i&gt; Vous semble-t-il que ces flux fragilisent le sentiment d'appartenance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Il n'y a pas de politique sans Cit&#233; ni de Cit&#233; sans cl&#244;ture. Le cercle vicieux, c'est que pour aimer les autres, il faut s'aimer soi-m&#234;me. La construction d'une identit&#233; se fait toujours dans un rapport &#224; d'autres. Mais si vous n'avez plus une identit&#233; propre, vous ne pouvez plus accepter d'autres identit&#233;s que la v&#244;tre. Il y a l&#224; une dialectique que L&#233;vi-Strauss a eu le courage de signaler. Le dialogue des cultures bien s&#251;r, mais &#224; partir de sa culture. Autrement dit, le vrai probl&#232;me, c'est, me semble t-il, non pas la confusion des particularit&#233;s dans une sorte de magma europ&#233;en ou mondial (&#231;a c'est vraiment la violence maximale et la guerre de tous contre tous), mais la coexistence des oppos&#233;s. Elle passe par la prise en charge d'un h&#233;ritage historique que chaque pays doit assumer en ce qui le concerne. Il se trouve que chez nous, cela a pris la forme r&#233;publicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y en a peut &#234;tre d'autres. Je ne dis pas que la R&#233;publique soit le nec plus ultra. Non, c'est un &#234;tre-l&#224;, qui a construit une certaine personnalit&#233; collective, non pas innocente mais moins nocive que d'autres. Elle a son degr&#233; de coercition, d'arbitraire, ses non dits, ses zones grises. La colonisation, l 'exploitation des prol&#233;taires et des immigr&#233;s, la subordination des femmes pendant tr&#232;s longtemps. Il faut lutter contre ces injustices mais il me semble que c'est tout de m&#234;me le cadre o&#249; peut se nouer le moins mauvais compromis possible entre l'&#233;tranger et le national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Pech :&lt;/i&gt; Il y a quelque chose qui me d&#233;range dans ce d&#233;bat, c'est l'id&#233;e que la R&#233;publique aurait &#233;t&#233; &#171; toujours d&#233;j&#224; l&#224; &#187;. Elle a un pass&#233;. Elle n'en a pas toujours eu, et l'Europe n'en a pas encore. Elle en aura peut &#234;tre un jour. Je pense que l'un des enjeux de la transmission, c'est de se construire entre du d&#233;j&#224;-l&#224;, de l'institution qui d&#233;passe le temps biologique d'une vie humaine, et de l'in&#233;dit. C'est cette dialectique qui est tr&#232;s difficile &#224; g&#233;rer. C'est ce que dit un peu Hannah Arendt dans La Condition de l'Homme moderne (3). Les nouveaux venus sont dans l'in&#233;dit et pourtant h&#233;ritier de quelque chose qu'ils laisseront &#224; leurs descendants. Votre texte sur la transmission &#233;tait bref et l'on ne pouvait aller au fond des choses mais on ne peut pas construire l'id&#233;e de transmission uniquement dans la perspective d'un progr&#232;s, d'une capitalisation continuelle des acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; La transmission culturelle n'est pas biologiquement garantie. La culture, &#231;a ne se transmet pas comme l'ADN. Il n'y a pas de programme biochimique en la mati&#232;re. Il n'y a pas d'h&#233;r&#233;dit&#233; des caract&#232;res acquis. C'est un effort constant et d'autant plus imp&#233;ratif qu'on sait bien aujourd'hui, sans verser dans l'apocalytique, qu'il n'y a pas une &#233;volution lin&#233;aire de l'histoire ordonn&#233;e par une finalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Pech :&lt;/i&gt; Oui, mais je voulais vous demander : o&#249; placez-vous l'imagination de la transmission ? Comment la transmission permet-elle un processus d'innovation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Question cl&#233; ! Il y a toujours une difficult&#233; &#224; &#234;tre h&#233;ritier. L'h&#233;ritage para&#238;t, superficiellement, antinomique &#224; l'innovation, contradictoire avec l'invention. L'histoire d&#233;montrerait plut&#244;t le contraire. Elle n'est pas rousseauiste. Les &#233;l&#232;ves des j&#233;suites font les meilleurs r&#233;volutionnaires ; ce sont les h&#233;ritiers qui sont les premiers &#224; remettre l'h&#233;ritage en cause. Rimbaud a fait des vers latins comme personne. Aujourd'hui, il y a assez peu de Rimbaud parce qu'on n'enseigne plus la rh&#233;torique ni la prosodie. Je veux dire : des r&#232;gles et de contraintes h&#233;rit&#233;es. C'est vrai que la transmission, qui est la condition d'un avenir est de soi tourn&#233;e vers le pass&#233;, et il y a dans l'id&#233;e de transmission, l'id&#233;e de la culture comme culte des grands morts. Mais peut-&#234;tre qu'on arrive &#224; un moment o&#249; l'audace consiste &#224; affirmer qu'il faut maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imaginaire du technique, ou le mythe du progr&#232;s &#233;tait un imaginaire positif de r&#233;conciliation progressive des segments de l'humanit&#233;, d'unification du monde, d'ouverture, de compr&#233;hension mutuelle. On avait cette id&#233;e que la technique allait apaiser les conflits, que le gouvernement technocrate rassemblerait toute la communaut&#233;, alors que la culture &#233;tait frapp&#233;e du sceau du local, du terroir, de l'inertie, du r&#233;trograde. Aujourd'hui, on peut s'apercevoir que le remplacement acc&#233;l&#233;r&#233; d'un macro-syst&#232;me technique par un autre, produit des d&#233;stabilisations culturelles telles que, au lieu d'ouvrir, il y a refermeture et r&#233;traction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, vous inondez l'Iran de Coca-Cola et vous avez &#224; la sortie des Ayatollahs. On avait plut&#244;t pr&#233;vu que l'on ferait des autoroutes, de la p&#233;trochimie, que les Am&#233;ricains prendraient tout cela en main et que le Chah nous ferait une soci&#233;t&#233; moderne. Aujourd'hui, on s'aper&#231;oit qu'il faut une politique de la technique. Cette politique passe par la conscience culturelle de soi. Pour &#233;chapper au pire, c'est-&#224;-dire au culturalisme, il faut admettre une certaine contrainte culturelle, un certain poids des identit&#233;s. Un peu d'ethnologie incite &#224; l'ethnocentrisme, beaucoup en d&#233;tache. Pour ne pas en rester prisonnier, mieux vaut prendre conscience des idiosyncrasies historiques, des personnalit&#233;s collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Pech :&lt;/i&gt; Qu'il y a ou qu'il faut construire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Il ne faudrait ni les renier ni les exalter. Admettons qu'il y a un h&#233;ritage &#224; reprendre, &#224; relayer, par l&#224;-m&#234;me &#224; transformer. Toute transmission est transformation. La transmission n'est jamais la reconduction du m&#234;me. Tout transport est une transformation et le mouvement de la vie lui-m&#234;me imprime des m&#233;tamorphoses. Mais aujourd'hui trop de m&#233;tamorphoses, ce n'est pas anticiper son avenir, c'est retourner dans le pass&#233;. Et pour ma&#238;triser cet &#171; effet jogging &#187; du progr&#232;s technique, assumer un certain ADN historique commun est peut-&#234;tre n&#233;cessaire. Et cesser de consid&#233;rer que tout ce qui est ancien est vieillot et que tout ce qui est neuf est novateur. Bref, on pourrait peut-&#234;tre essayer de remettre en cause ce partage des r&#244;les dans l'inconscient collectif, notamment &#224; gauche, qui &#233;tait le camp de la modernit&#233;. Mais, on arrive &#224; un point o&#249; ces choses-l&#224; ne doivent pas &#234;tre dites. Elles sont trop imm&#233;diatement cod&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne fais plus de politique, je n'en ai jamais fait en professionnel, mais en citoyen. Je ne fais plus de politique &#224; cause de l'ironie de l'histoire qui fait que le pire sort du meilleur et le meilleur sort du pire. C'est toujours l'histoire de Brecht qui reprenait la fable chinoise, le cheval des fronti&#232;res. Un paysan vivait &#224; la fronti&#232;re des barbares. Il poss&#232;dait un cheval et le cheval a un moment donn&#233; s'est emball&#233; et est pass&#233; de l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re. C'&#233;tait une catastrophe. Et puis le cheval a rencontr&#233; une jument. Il est revenu chez son ma&#238;tre. Alors, c'&#233;tait un bonheur parce qu'il avait deux chevaux au lieu d'un. Et puis son fils est mont&#233; sur la jument, la jument &#233;tait sauvage, et son fils s'est cass&#233; la jambe. Catastrophe ! Et puis les barbares sont arriv&#233;s, ont recrut&#233; tous les jeunes gens en &#233;tat de porter les armes. Ils sont tous morts. Mais on n'a pas pu recrut&#233; le fils car il avait la jambe cass&#233;e&#8230; Bonheur ! etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ca sugg&#232;re &#233;galement que la distribution apparente des r&#244;les n'est pas toujours la bonne. Autrement dit, il n'est pas &#233;vident qu'Elisabeth Guigou soit l'amie pr&#233;destin&#233;e des ado et Jean-Pierre Chev&#232;nement leur ennemi, que l'une veuille le bien des marginaux et que l'autre veuille les brimer. Ce n'est pas s&#251;r ! C'est tr&#232;s difficile, la politique, parce qu'on est leurr&#233; par les bonnes intentions. L'intellectuel est celui qui juge &#224; l'intention, non au r&#233;sultat. Et, comme le r&#233;sultat inverse tr&#232;s souvent l'intention, je me m&#233;fie des bandes dessin&#233;es, &#224; la t&#233;l&#233;vision comme dans nos t&#234;tes. Je demande &#224; ce que l'on soit un peu plus ironique ou complexe dans nos appr&#233;ciations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#224; la fois affirmer un immense respect pour toutes les associations de type humanitaire ou d'assistance qui s'efforcent sur le terrain de se d&#233;vouer &#224; la cause des d&#233;munis, des d&#233;sh&#233;rit&#233;s, des sans-papiers etc&#8230; en maintenant tout de m&#234;me l'id&#233;e que la politique a ses lois, qu'elles sont dures, mais que penser au long terme et int&#233;grer tous les facteurs, n'est pas en soi une cause ind&#233;fendable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Bruel :&lt;/i&gt; Ce qui est quand m&#234;me regrettable, c'est la polarisation sur un d&#233;bat police-justice qui est beaucoup plus vaste et qui concerne d'autres minist&#232;res de mani&#232;re beaucoup plus profonde et ca c'est ennuyeux. Cette polarisation am&#232;ne effectivement ce que vous disiez et nous ne sommes absolument pas choqu&#233;s par ce que vous pouvez dire sur la politique de Madame Guigou parce que personnellement je pense, qu'en voulant nous d&#233;fendre, elle nous enfonce. Alors que Monsieur Chev&#232;nement en nous agressant&#8230; Je pense &#224; cette politique de r&#233;ponse en temps r&#233;el organis&#233;e par Madame Guigou et qui repose sur l'id&#233;e que la transgression la plus minime doit recevoir rapidement et dans des d&#233;lais tr&#232;s brefs une r&#233;ponse judiciaire. Ce qu'on ne dit pas, c'est que cette justice imm&#233;diate, c'est la mort de la justice. L'urgence sociale, c'est le contraire de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais inquiet de voir justement Madame Guigou d&#233;fendre nos concepts &#233;ducatifs de cette mani&#232;re qui suppose une certaine longueur, une certaine dur&#233;e, et non cette obsession de visibilit&#233; et de transparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; C'est le prix &#224; payer &#224; la dictature du sondage, de l'instant et des m&#233;dias. Une mesure, il faut que &#231;a paye, que &#231;&#224; se voie tout de suite. Au fait, est-ce que cette fameuse ordonnance du 2 f&#233;vrier 1945, avec son &#233;quilibre interne, est op&#233;rationnelle selon vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Bruel :&lt;/i&gt; Le probl&#232;me j'allais dire, est partout ailleurs. L'ordonnance de 1945 on peut en faire malheureusement ce qu'on en veut. Elle fait partie de ces lois tr&#232;s larges qui permettent beaucoup de choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Pech :&lt;/i&gt; Cela sugg&#232;re une question : est-ce qu'il peut y avoir de la transmission substantielle, si on n'est pas capable d'instaurer des relations longues ? On parle de l'urgence sociale, de l'imm&#233;diatet&#233;, de la transparence. Il y a toute une id&#233;ologie de la magie du verbe l&#224;-dessus. Mais au fond quand on demande de transmettre, non seulement quelque chose qui est propre &#224; la famille, mais quelque chose qui s'inscrit dans l'univers de la cit&#233;, dans une histoire longue, est-ce que l'on peut aujourd'hui se passer d'une relation longue au politique, &#224; l'identit&#233; collective, &#224; l'histoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Ca passe par les cours d'histoire-g&#233;ographie. Ca ne suffit pas mais on ne peut pas en faire l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Pech :&lt;/i&gt; Vous auriez pr&#233;f&#233;r&#233; Jean-Pierre Chev&#232;nement &#224; l'Education ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Je crois que Jean-Pierre Chev&#232;nement a &#233;t&#233; un excellent ministre de l'Education. Cela, tous les enseignants le savent. Mais quand il a parl&#233; d'&#233;ducation civique &#224; l'&#233;cole, &#231;a a &#233;t&#233; la rigolade g&#233;n&#233;rale, dans les m&#233;dias. Quant &#224; la pens&#233;e qu'on pouvait avoir une vague id&#233;e des strophes de la Marseillaise, alors &#231;a, &#231;a a &#233;t&#233; l'indignation humanitaire universelle. La Marseillaise, c'est peut-&#234;tre un peu sauvage, un peu guerrier et purificateur, mais &#231;a vaut mieux qu'Allah est grand. Et le gosier collectif a horreur du vide, lui aussi. Si vous ne pouvez pas chanter quelque chose, vous chantez quelque chose d'autre : il faut chanter. Donc vous posez la bonne question. Le temps est en crise bien s&#251;r. L'instantan&#233;isme des m&#233;dias, de la consommation, c'est une crise du projet. Non tant de la m&#233;moire parce que la m&#233;moire est souvent une fuite et le culte de la m&#233;moire et des lieux de m&#233;moire une ruse pour l'amn&#233;sie : &#231;a peut &#234;tre pour la m&#233;moire vive, une fa&#231;on de se d&#233;lester sur la m&#233;moire morte. Mais c'est vrai que le r&#233;tablissement des longues dur&#233;es, est essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, j'ai peur que cette longue dur&#233;e retrouve pour gardiens disons les clerg&#233;s. Je ne suis pas du tout anti-religieux. Tout le probl&#232;me est de savoir si on peut construire une religion civile et je ne suis pas loin de penser qu'une religion civile r&#233;publicaine devrait passer en France par la reconnaissance de l'h&#233;ritage catholique, la pleine reconnaissance du christianisme comme matrice. Je ne suis donc pas du tout partisan de je-ne-sais quelle propagande ath&#233;e, mais il y a tout de m&#234;me le danger du r&#233;tablissement des conservatoires autoritaires et pass&#233;istes. Dans le monde orthodoxe, &#231;a se voit bien. L'Eglise orthodoxe dans les Balkans ou en Russie, est utilis&#233;e pour offrir une profondeur de temps, fossilis&#233; et bien rassurante. Ce n'est pas l'id&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Baranger :&lt;/i&gt; c'est pour &#231;&#224;, que lorsque vous distinguez, dans votre conf&#233;rence sur les enjeux de la transmission (4), la communication de la transmission vous montrez bien que la transmission &#224; plus avoir avec la transmission de la vie qu'avec un savoir. C'est la transmission d'un d&#233;sir. C'est une force vitale. C'est &#231;&#224; que je trouve tr&#232;s int&#233;ressant. On ne demande pas au p&#232;re un savoir technique sur ce qui s'est pass&#233; &#224; l'&#233;cole, par exemple sur un probl&#232;me de g&#233;om&#233;trie, mais plut&#244;t le d&#233;sir que son fils se mobilise sur son travail scolaire. C'est &#231;&#224; la vraie transmission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Je suis sensible &#224; ce que vous disiez sur la r&#233;volte contre le p&#232;re, qui est encore la meilleure fa&#231;on de devenir p&#232;re soi-m&#234;me. La r&#233;volte n'est plus possible d&#232;s lors que le p&#232;re fait l'enfant, emp&#234;chant par l&#224;-m&#234;me son enfant de devenir p&#232;re. L&#224; il y a un vrai probl&#232;me : l'infantilisation des parents. On avait pr&#233;vu l'endurcissement des p&#232;res mais pas leur liqu&#233;faction. Pour g&#233;n&#233;raliser et forcer le trait je crois que l'ennemi principal du progr&#232;s, c'est paradoxalement la n&#233;gation du r&#244;le civilisateur de l'autorit&#233;. On a commenc&#233; &#224; nier l'autorit&#233; lorsqu'on a ni&#233; l'autorit&#233; du savoir, l'autorit&#233; du professeur, l'autorit&#233; de la discipline (5), au b&#233;n&#233;fice de la communication, de la convivialit&#233;, de la f&#234;te, etc.. C'est faire le jeu du pouvoir, qui est le contraire de l'autorit&#233;. Il y a eu l&#224;, je crois, un renoncement capital, parce que l'autorit&#233; du ma&#238;tre n'est pas li&#233;e &#224; une position de force, &#224; un appareil de coercition, mais au savoir que d&#233;tient le ma&#238;tre. Ce qu'on respecte dans le ma&#238;tre, c'est ce qu'il porte, ce qu'il a &#224; transmettre. Or cela a &#233;t&#233; en partie ruin&#233;, par la vogue d'un certain p&#233;dagogisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a appr&#233;hend&#233; l'appareil scolaire dans les ann&#233;es 70, notamment par la remise en cause gauchiste de l'&#233;cole, comme un pur appareil de reproduction sociale, ce qu'il n'&#233;tait pas historiquement. Il peut le devenir quand l'&#233;cole effectivement cesse de remplir sa fonction : c'est un danger pour l'institution scolaire de r&#233;gresser en cooptation de classe. Mais l'&#233;cole, &#231;a a aussi fait la R&#233;publique, les boursiers, les petits Bretons qui se mettent &#224; parler fran&#231;ais, qui deviennent instituteurs ou postiers, puis ensuite dirigeants d'une petite entreprise ou normaliens. C'est aussi un appareil de promotion. Apr&#232;s la crise de l'&#233;cole, la crise de la Nation, de l'Etat, qu'on ne s'&#233;tonne pas de voir la victoire du march&#233;. Or, on ne fait pas une soci&#233;t&#233; sur un hypermarch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Evry, c'est vrai, il y a bien une cath&#233;drale toute neuve, mais elle est tr&#232;s en marge ; le centre d'Evry, c'est un gigantesque hypermarch&#233; qui tient le r&#244;le de l'Agora ou du Forum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Baranger :&lt;/i&gt; Comme &#224; Bobigny, o&#249; il y a le supermarch&#233; &#171; Atac &#187;. Il y a le Tribunal, la Pr&#233;fecture et Atac, la grande surface&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Alors le lieu de rencontre c'est &#171; Atac &#187;. L'espace public, c'est l'espace de la marchandise, de la frustration, et donc du vol, puisqu'on prend la marchandise o&#249; elle se trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Baranger :&lt;/i&gt; Ceci dit les grands foires du Moyen Age avaient un r&#244;le fondamental de sociabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Bruel :&lt;/i&gt; Qu'est ce que vous penseriez de r&#233;tablir l'enseignement de la rh&#233;torique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Pourquoi pas ? Il faudrait commencer par r&#233;habiliter la litt&#233;rature. Les jeunes des banlieues, leur parole, c'est de la boxe. Ils donnent des coups avec les mots. L'agression d'injure, c'est le mot comme succ&#233;dan&#233; de la violence. Apprendre le jeu des mots, c'est comprendre que l'on peut articuler une demande de reconnaissance avec des moyens diff&#233;r&#233;s, non en direct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Pech :&lt;/i&gt; Quelle est la part du mythe dans la transmission d'une identit&#233; collective ? Parce que, &#224; vous lire, (je pense &#224; Lou&#233;s soient nos seigneurs (6) mais &#233;galement &#224; A demain De Gaulle(7)) ) j'ai le sentiment d'une plume qui a la nostalgie de l'&#233;pop&#233;e historique. Attribuez-vous aux mythes une part fondatrice dans la transmission ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Oui, je pense qu'on communique un savoir, mais qu'on transmet un mythe. Parce que quand on transmet un mythe, on transmet un mod&#232;le d'identification, une appartenance, une projection. Cela passe par le corps, une pr&#233;sence, une rencontre. C'est la diff&#233;rence entre une machine &#224; informer et une &#233;cole, ou entre un centre d'information et une &#233;glise. Il faut admettre, d'une part, qu'il n'y a pas d'ensemble humain viable sans une cl&#244;ture physique, ou imaginaire, ou doctrinale, et, d'autre part, qu'il n'y a pas de cl&#244;ture sans l'ouverture &#224; un point de transcendance, ce que j'appelle l'axiome ou le principe d'incompl&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point de transcendance, c'est un objet de croyance, qui n'est pas donn&#233; dans l'exp&#233;rience. Ce peut &#234;tre un h&#233;ros fondateur, En&#233;e ou L&#233;nine, un texte de la Constitution, comme aux Etats-Unis d'Am&#233;rique, une promesse de soci&#233;t&#233; parfaite. Quoi qu'il en soit, c'est quelque chose qui n'est pas donn&#233; dans l'exp&#233;rience. C'est la croyance qui soude. Une crise de la croyance, c'est une crise de la solidarit&#233;, de l'organicit&#233;, un d&#233;membrement du social et donc une remise en selle des pulsions d'&#233;go&#239;sme ou d'agression. Certes, on peut croire dans la Science, mais alors la science devient un mythe. C'&#233;tait le mythe du XIX si&#232;cle et du d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle. On peut croire dans la vocation universelle de la Nation, on peut croire dans l'origine divine de sa lign&#233;e. On peut croire dans la soci&#233;t&#233; sans classe, bref, quel que soient les objets de croyance, il y aura toujours un &#233;l&#233;ment irrationnel qui permet &#224; un tas de se transformer en un tout. Vous d&#233;constituez l'&#234;tre-ensemble d&#232;s lors que vous d&#233;nouez les noeuds d'une croyance collective. Je doute qu'une soci&#233;t&#233; d'incroyance soit possible, &#224; moins que ses membres ne fassent de l'incroyance un article de foi, et vous aurez alors une soci&#233;t&#233; de libre-penseurs, o&#249; l'on ne badinera pas avec la libre pens&#233;e. Tout se passe comme si un individu peut &#234;tre incroyant mais qu'un collectif ne peut pas l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvenez-vous : quand les disciples d'Epicure fondent l'&#233;cole &#233;picurienne, en principe ath&#233;e, ils divinisent Epicure. C'est quand m&#234;me bizarre puisque c'est l'auteur qui nous avait expliqu&#233; qu'il n'y avait pas de dieux. Mais je dirais qu'ils sont logiques. C'est pourquoi on se r&#233;unit fort bien autour des morts parce qu'il est plus facile de croire en un mort qu'en un vivant contemporain. Les fun&#233;railles sont toujours des grands moments de bonheur dans la vie collective. Nous avons, nous, d'ailleurs, un certain probl&#232;me avec une carence des fun&#233;railles. Les fun&#233;railles de Mitterand ont &#233;t&#233; un moment o&#249; le peuple de gauche a ressenti une intensit&#233; d'&#234;tre. En tout cas pour une bonne moiti&#233; de la France. Et l&#224;, vous dites r&#233;tablir la rh&#233;torique. Certainement, r&#233;tablir le c&#233;r&#233;monial, r&#233;tablir les fronti&#232;res entre la ville et la campagne, les portes, cette id&#233;e que la ville doit avoir une porte, qu'on entre dans l'espace urbain. Pourquoi ne pas inaugurer l'ann&#233;e scolaire par un rituel un peu sacralisant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces choses peuvent aider &#224; retendre un tissu civique. Inutile d'en avoir honte. Je milite pour le c&#233;r&#233;monial. J'aime le c&#233;r&#233;monial.Y compris, les costumes de c&#233;r&#233;monie. Comme quand les professeurs d'universit&#233; portent une toge. Ca fait rire. Mais quand on a une tenue, g&#233;n&#233;ralement on a de la tenue. Je me disais &#231;a &#224; Cambridge o&#249; je voyais toutes ces tenues un peu bizarres, un peu primitives des fellows dans les coll&#232;ges, ces tenues de cricket, ces &#233;cussons du coll&#232;ge. Eh bien, ce sont des gens qui en 1940 ont eu de la tenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Pech :&lt;/i&gt; Je souhaite vous demander en dessous de quel seuil on tomberait dans une pauvret&#233; symbolique telle qu'elle rendrait la transmission inop&#233;rante. Je pense notamment &#224; ce minimum de solidarit&#233; n&#233;cessaire &#171; pour qu'un tas fasse un tout &#187;, on a dans l'histoire de la R&#233;publique une conception tr&#232;s organique de la solidarit&#233;, est-ce que vous croyez &#224; la possibilit&#233; d'une solidarit&#233; purement discursive ? Est ce que vous pensez, autrement dit, qu'on peut construire un sentiment d'appartenance &#224; la communaut&#233; politique sur la base d'un accord sur quelques droits fondamentaux, sur quelques moyens de r&#233;gulation des conflits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; Par exemple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Thierry Pech :&lt;/i&gt; La loi, l'organisation des proc&#232;s, tout ce qui regarde aujourd'hui, ce que j'appellerai la judiciarisation des soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques modernes, o&#249; il semble qu'il y ait quand m&#234;me un lien de confiance, un lien public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Debray :&lt;/i&gt; C'est n&#233;cessaire, mais je ne crois pas qu'en France cela suffise. Vous esquissez l'Etat de droit &#224; l'anglo-saxonne, avec le consensus proc&#233;dural. C'est la notion constitutionnaliste de l'espace public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honn&#234;tement, je la respecte, mais je ne la crois pas op&#233;rationnelle. Ni viable. Surtout en terre catholique ou r&#233;publicaine (ce n'est pas la m&#234;me chose mais cela a quelque chose en commun). Je crains qu'il ne s'agisse d'un id&#233;alisme juridique ou d'une superstition de la norme. C'est compr&#233;hensible dans une population universitaire, lettr&#233;e, ritualis&#233;e, mais elle me semble impropre &#224; souder une communaut&#233;. Je me demande m&#234;me si la communaut&#233; am&#233;ricaine est vraiment comme on le dit, soud&#233;e par la Common Law et l'omnipr&#233;sence du contractuel. Ce n'est pas par hasard qu'il y a un &#171; In god we trust &#187; sur les dollars, et que les Anglais se l&#232;vent quand ils entendent &#171; God save the queen &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas am&#233;ricain, on a &#224; faire &#224; un monoth&#233;isme profond et &#224; une impr&#233;gnation religieuse omnipr&#233;sente. Dans les autres cas, vous avez des monarchies qui ont tout de m&#234;me une certaine aura. Il me semble que la R&#233;publique est un peu plus que l'Etat de droit. Parce qu'un Etat de droit postule qu'il y ait des proc&#233;dures qui fonctionnent sans les agents c'est-&#224;-dire que les textes eux-m&#234;mes, les codes puissent produire de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a, chez nous, l'id&#233;e que pour rendre une bonne justice, il faut aussi qu'il y ait des juges et pas seulement un code de proc&#233;dure p&#233;nale. Il faut aussi qu'il y ait des juges, des consciences critiques &#233;quanimes capables d'une certaine distance et d'une certaine ma&#238;trise d'eux-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire au fond, qu'il y ait des sujets &#233;duqu&#233;s, instruits, des citoyens &#233;clair&#233;s. Donc je suis un peu sceptique sur cette superstition de l'Etat de droit qui me semble occulter ses propres conditions de fonctionnement lesquelles sont, largement me semble t-il, d'ordre mythique, entendant par l&#224; un imaginaire partag&#233;, que l'on ne voit pas mais par lequel nous voyons. M&#234;me si tous les mythes, bien s&#251;r, ne sont pas &#233;gaux en dignit&#233;. Il en est de plus dangereux que d'autres. Les mythes r&#233;publicains, heureusement, sont li&#233;s &#224; l'&#233;mancipation des personnes, &#224; la force individualiste du jugement, non &#224; la terre et aux morts. Ne gaspillons pas cette chance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt; Le Monde, 4 septembre 1998. Manifeste sign&#233; par R&#233;gis Debray, Max Gallo, Blandine Kriegel, Mona Ozouf, Jacques Julliard, Anicet Le Pors, Olivier Mongin et Paul Thibaud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt; R&#233;gis Debray, Transmettre, le champs m&#233;diologique, Odile Jacob, 1987&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt; Hannah Arendt, La condition de l'homme moderne, Paris, Calmann-Levy, 1961&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt; R&#233;gis Debray, Les enjeux et les moyens de la transmission, St S&#233;bastien sur Loire, Edit. Pleins Feux, 1998&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt; Maurice Sachot, &#171; Disciplines, mais &#224; quel prix ? &#187;, les cahiers de m&#233;diologie, n&#176; 6, 1998&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt; R&#233;gis Debray, Lou&#233;s soient nos seigneurs, Paris, Gallimard, 1996&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;POUR ALLER PLUS LOIN AVEC REGIS DEBRAY&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oeuvres philosophiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE SCRIBE , Grasset, 1980&lt;br class='autobr' /&gt;
CRITIQUE DE LA RAISON POLITIQUE OU L'INCONSCIENT RELIGIEUX, Biblioth&#232;que des Id&#233;es, Gallimard, 1981 - Tel n&#176; 113, Gallimard, 1987&lt;br class='autobr' /&gt;
LE POUVOIR INTELLECTUEL EN FRANCE, Folio Essais, n&#176; 43 Gallimard, 1989&lt;br class='autobr' /&gt;
COURS DE MEDIOLOGIE GENERALE, Biblioth&#232;que des Id&#233;es, Gallimard, 1991&lt;br class='autobr' /&gt;
CONTRETEMPS, Folio Actuel, Gallimard, 1992&lt;br class='autobr' /&gt;
VIE ET MORT DE L'IMAGE, UNE HISTOIRE DU REGARD EN OCCIDENT, Biblioth&#232;que des Id&#233;es, Gallimard, 1994 - Folio essais n&#176; 261, Gallimard, 1994 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ETAT SEDUCTEUR, Les r&#233;volutions m&#233;diologiques du pouvoir, Gallimard, 1993&lt;br class='autobr' /&gt;
MANIFESTES MEDIOLOGIQUES, hors s&#233;rie, Gallimard, 1994.&lt;br class='autobr' /&gt;
TRANSMETTRE. Le champs m&#233;diologique, Odile Jacob, 1997&lt;br class='autobr' /&gt;
LES ENJEUX ET LES MOYENS DE LA TRANSMISSION Edt Pleins Feux 1998&lt;br class='autobr' /&gt;
CROIRE, VOIR, FAIRE, Traverses. Le champs m&#233;diologique, Odile Jacob, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oeuvres litt&#233;raires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UN JEUNE HOMME A LA PAGE, Nouvelles, Le Seuil, 1967, L'INDESIRABLE, roman, Le Seuil, 1975.&lt;br class='autobr' /&gt;
LES RENDEZ-VOUS MANQUES, Le Seuil, 1975, JOURNAL D'UN PETIT-BOURGEOIS ENTRE DEUX FEUX ET QUATRE MURS, Le Seuil, 1976&lt;br class='autobr' /&gt;
LA NEIGE BRULE, roman, Grasset, 1977 (Prix Femina),ELOGES, Gallimard, 1988 ,COMETE MA COMETE, Gallimard, 1986&lt;br class='autobr' /&gt;
LES MASQUES, Gallimard, 1988, COLOMB, LE VISITEUR DE L'AUBE, La Diff&#233;rence, 1991&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#338;IL NAIF, Le Seuil, 1994 ,CONTRE VENISE, Gallimard, 1995 - Folio n&#176; 3014, Gallimard, 1997&lt;br class='autobr' /&gt;
LOUES SOIENT NOS SEIGNEURS. Une &#233;ducation politique, Gallimard, 1996 ,PAR AMOUR DE L'ART. Une &#233;ducation intellectuelle, Gallimard, 1998&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oeuvres politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;REVOLUTION DANS LA REVOLUTION, Maspero, 1967, LA CRITIQUE DES ARMES, I et II, Le Seuil, 1974 ,LA GUERILLA DU CHE, Le Seuil, 1974&lt;br class='autobr' /&gt;
MODESTE CONTRIBUTION AUX DISCOURS ET CEREMONIES DU DIXIEME ANNIVERSAIRE, Maspero, 1978&lt;br class='autobr' /&gt;
LA PUISSANCE ET LES REVES, Gallimard, 1984, LES EMPIRES CONTRE L'EUROPE, Gallimard, 1985&lt;br class='autobr' /&gt;
QUE VIVE LA REPUBLIQUE, Odile Jacob, 1989 ,TOUS AZIMUTS, Odile Jacob, 1989 , A DEMAIN DE GAULLE, Gallimard, 1990 - Folio actuel n&#176; 48, Gallimard, 1996&lt;br class='autobr' /&gt;
LA REPUBLIQUE EXPLIQUEE A MA FILLE, Seuil, 1998 ,LE CODE ET LE GLAIVE. APRES L'EUROPE, LA NATION ? Albin Michel, 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES CAHIERS DE MEDIOLOGIE - 7 num&#233;ros &#224; ce jour publi&#233;s par les &#233;ditions Gallimard&lt;br class='autobr' /&gt;
(Abonnement, 1 AN, 160 Frs &#224; l'ordre d'Ad Rem,&lt;br class='autobr' /&gt; 26, rue de Cond&#233; 75006 PARIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mediologie.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Site internet pour en savoir plus sur la m&#233;diologie (cliquer)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;La Transmission&#034; &#224; t&#233;l&#233;charger</title>
		<link>https://www.afmjf.fr/Liste-des-articles,31</link>
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		<dc:date>2005-09-29T16:20:36Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Printemps 2000. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sommaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Editorial (Thierry Baranger) &lt;br class='autobr' /&gt;
En guise de bilan&#8230; La protection judiciaire de la jeunesse en France (A. Bruel) &lt;br class='autobr' /&gt;
Nouveaux aspects de la d&#233;linquance des jeunes (M. Carnevali) &lt;br class='autobr' /&gt;
Ni anges ni d&#233;mons (N. Le Guennec) &lt;br class='autobr' /&gt;
Cahier La Transmission &lt;br class='autobr' /&gt;
Assurer les bases de l'autorit&#233; pour rendre les parents plus responsables &lt;br class='autobr' /&gt;
Soutien &#224; la parentalit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Rencontre avec R&#233;gis Debray &lt;br class='autobr' /&gt;
Les contes de ma m&#232;re Loi (G. Nicolau) &lt;br class='autobr' /&gt;
Histoire d'une querelle conjugale : Etat et institution (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.afmjf.fr/-8-La-transmission-" rel="directory"&gt;8 - La transmission&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.afmjf.fr/IMG/logo/arton31.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Printemps 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_sommaire.pdf'&gt;Sommaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_edito.pdf'&gt;Editorial (Thierry Baranger)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_en_guise_de_bilan.pdf'&gt;En guise de bilan&#8230; La protection judiciaire de la jeunesse en France (A. Bruel)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_nouveaux_aspect_delinquance_mineurs.pdf'&gt;Nouveaux aspects de la d&#233;linquance des jeunes (M. Carnevali)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_ni_ange_ni_demon.pdf'&gt;Ni anges ni d&#233;mons (N. Le Guennec)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cahier La Transmission&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_base_autorite_parentale.pdf'&gt;Assurer les bases de l'autorit&#233; pour rendre les parents plus responsables&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_soutien_parentalite.pdf'&gt;Soutien &#224; la parentalit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_regis_debray.pdf'&gt;Rencontre avec R&#233;gis Debray&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_conte_mere_loi.pdf'&gt;Les contes de ma m&#232;re Loi (G. Nicolau)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_querelle_conjugale.pdf'&gt;Histoire d'une querelle conjugale : Etat et institution (T. Pech)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_spiritualite_et_transmission.pdf'&gt;Spiritualit&#233; et transmission (J.-F. Six)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Verbe, les poign&#233;es de main et la Dette (R.-R. Geadah) &lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_verbe_1.pdf'&gt;1&#232;re partie de l'article&lt;/a&gt; / &lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_verbe_2.pdf'&gt;2&#232;me partie de l'article&lt;/a&gt; / &lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_verbe_3.pdf'&gt;3&#232;me partie de l'article.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_ecole_et_transmission.pdf'&gt;Dessine-moi un avenir : &#233;cole et transmission (A. Seksig)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_nom_de_la_loi.pdf'&gt;Le nom de la loi : un h&#233;ritage en question (M. Cauletin, M. Rismann)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_trans_moderne.pdf'&gt;Quelques perspectives &#034;transmodernes&#034; et anthropologiques du droit de la transmission (E. Le Roy)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_ancetre_de_l_eau.pdf'&gt;Kudombola Nkulu ou comment on fait sortir l'anc&#234;tre de l'eau (B. J. Loteteka)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_monde_visible_et_invisible.pdf'&gt;La transmission : entre monde visible et invisible (I. C. Ndiaye)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_Etat_educateur.pdf'&gt;Refonder l'Etat &#233;ducateur (D. Salas)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_maltraitance_et_culture.pdf'&gt;Maltraitance et cultures. Un &#233;clairage psycho-anthropologique (H. E. Stork)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_clonage.pdf'&gt;Transmission et clonage : l'intervention du juge des enfants dans les sectes (R. Bidart)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_Belleville.pdf'&gt;Belleville : un microcosme plan&#233;taire (Oeuvre de secours aux enfants)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_alchimie_et_technicite.pdf'&gt;Entre alchimie et technicit&#233; : la transmission dans l'assistance &#233;ducative (F. B&#233;nard)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_perspective_clinique.pdf'&gt;Perspectives cliniques (Y. Govindama)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_clinique_analytique.pdf'&gt;Transmission dans la clinique analytique (M. Jarkova, A. des N&#233;tumi&#232;res)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_antropologie_clinique.pdf'&gt;Anthropologie clinique : concepts de base et illustration (K. Hanouti)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_jardin_secret.pdf'&gt;Du jardin secret au b&#233;ton des origines (V. de Roug&#233;)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_transmission.pdf'&gt;Transmission (J.-B. L&#233;vy)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_sauvageons.pdf'&gt;La R&#233;publique et les &#034;sauvageons&#034; (T. Baranger et T. Pech)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Questions europ&#233;ennes et internationales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_crimes_et_desordre.pdf'&gt;Crimes et d&#233;sordres en Angleterre : une l&#233;gislation dure &#224; l'application douce ? (F. Touret - de Coucy)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_Belgique.pdf'&gt;Enfance en danger ou d&#233;linquante : l'avenir de la France se lit-il en Belgique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
(F. Touret - de Coucy et H. Rauline)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_juris_prudence.pdf'&gt;Jurisprudence et doctrine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.afmjf.fr/IMG/pdf_MELAMPOUS_No8_note_de_lecture.pdf'&gt;Notes de lecture&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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